Présidentielle 2027

Programmes comparés · Impact sur la vie des Français · Mise à jour 26 août 2026

🔄 Mise à jour mensuelle automatique · prochaine échéance : 30 septembre 2026

CONTENU IA Analyse produite avec l'assistance d'une intelligence artificielle générative

Ce comparatif est un document d'opinion personnelle, rédigé avec l'aide d'un modèle de langage puis relu, corrigé et publié sous la responsabilité éditoriale de l'auteur du site. Il ne s'agit ni d'un travail journalistique, ni d'une étude scientifique, ni d'un contenu commandité, financé ou validé par un parti, un candidat ou une institution.

Les classements, verdicts et médailles reflètent une grille de critères choisie par l'auteur (détaillée dans l'onglet « Sources & méthode »). Un autre lecteur, avec d'autres priorités, obtiendrait un autre classement. Les IA génératives peuvent produire des erreurs factuelles : vérifiez toujours l'information à la source avant d'en tirer une conclusion.

Mention effectuée au titre de l'article 50 du règlement (UE) 2024/1689 sur l'intelligence artificielle. → Méthode, sources et droit de réponse

Ce que chaque programme change concrètement pour les Français au quotidien : salaires, retraites, santé, éducation, logement, pouvoir d'achat. C'est sur ces sujets que les écarts sont les plus visibles entre les candidats.

Les préoccupations des Français (Ipsos, « Ce qui préoccupe les Français », juillet 2026) : criminalité et violence (41 %), changement climatique (33 %, +14 points en un mois après les incendies et les canicules), inflation (33 %), système de santé (31 %), flux migratoires (25 %). 90 % estiment que le pays va dans la mauvaise direction. Les retraites n'apparaissent pas dans les cinq premières préoccupations mesurées.
🔵 Droite & Extrême droite
Marine Le Pen
Rassemblement National · ticket avec Bardella
35-38%
Promesses coûteuses
  • Retraites : retour à 60 ans pour carrières longues (40 annuités, début avant 20 ans) ; maintien à 62 ans pour les autres
  • Énergie : TVA sur électricité, gaz, carburants ramenée de 20% à 5,5% → économie de 120–280€/an par ménage selon le Trésor
  • Logement : suppression taxe foncière pour primo-accédants pendant 5 ans ; simplification des permis
  • Emploi : préférence nationale pour l'emploi public et logement social — réservés aux Français
  • Alimentation : 80% de produits français dans les cantines scolaires
  • École : uniforme, vouvoiement des profs, zéro téléphone du primaire au lycée
Bruno Retailleau
Les Républicains
6-9%
Programme en construction
  • Salaires : 13e ou 14e mois ; sortie des 35h pour augmenter les revenus du travail
  • Retraites : pas d'abrogation claire de la réforme à 64 ans, positionnement ambigu
  • Justice / Sécurité : peines minimales, fin de l'excuse de minorité, fermeté pénale
  • Famille : politique familiale "audacieuse" — pas encore détaillée
  • Société : rejet de la GPA, défense des "lois de civilisation"
David Lisnard
Nouvelle Énergie
~2%
Budget sérieux
  • Liberté individuelle : État centré sur le régalien, moins de normes et d'impôts
  • Éducation : retour à l'excellence, méritocratie, école superpuissance scientifique
  • Économie : débureaucratisation massive pour libérer les entrepreneurs et PME
  • Retraites : réforme vers la capitalisation partielle
  • Santé : réforme de l'offre de soins, rôle du marché
🟡 Centre
Édouard Philippe
Horizons
14-19% ⚠️
Crédible & équilibré
  • Salaires : bouclier charges jusqu'à 2,5 SMIC ; suppression cotisations sur heures sup'
  • Impôts : taux unique IR pour classes moyennes ; baisse impôts de production
  • Retraites : référendum sur dose de capitalisation — ni statu quo ni rupture
  • École : retour aux fondamentaux (lire/écrire/compter dès CP) ; 50 lycées d'excellence
  • Méthode : dissolution + 3 référendums dès l'élection (retraites, règle d'or, ordonnances)
Gabriel Attal
Renaissance (candidat 22/05/26)
8-15%
Programme incomplet
  • Salaires : "droit au brut" — hausse du net par économies sur les dépenses sociales + réforme assurance chômage
  • École : brevet obligatoire pour passer au lycée ; IA intégrée dès le collège
  • Frontières : "préférence travail" pour l'immigration — visa conditionné à l'emploi
  • IA : plan de formation de 20 millions de salariés en 5 ans à l'IA — France "pays de l'avenir"
  • Immigration : "préférence travail" — quotas d'immigration économique définis par les partenaires sociaux, votés au Parlement
  • Primaire centrale : propose un calendrier de primaire avec Philippe si pas de départage clair dans les sondages (4 juin 2026)
  • Retraites : pas de retour sur 64 ans — héritage Macron par défaut
🔴 Gauche
Jean-Luc Mélenchon
La France Insoumise
16-17%
Officialisé 3 mai 2026 — 4e candidature
  • Programme mis à jour : 143 nouvelles mesures + 120 précisées dans "L'Avenir en Commun 2025" — programme le plus complet et détaillé de tous les candidats
  • SMIC : 1 600€ nets — hausse de ~200€ vs aujourd'hui
  • Retraites : retour à 60 ans avec 40 annuités, abrogation réforme 2023
  • Prix : blocage des prix de première nécessité (aliments, carburant, hygiène)
  • Santé : reconstruction hôpital public, fin des dépassements d'honoraires
  • École : gratuité totale (cantine, fournitures, transport) ; fin du "choc des savoirs"
  • Logement : rénovation 700 000 logements/an ; encadrement strict des loyers
Raphaël Glucksmann
Place Publique
10-11%
Social-démocratie
  • Emploi : 100 Md€ sur 10 ans pour créer des emplois dans les industries vertes
  • Énergie : prix de l'électricité fixé sur le coût de production réel — baisse des factures
  • Salaires : hausse via la réindustrialisation verte et les emplois qualifiés
  • Retraites : position modérée — pas d'abrogation brutale mais amélioration des pensions basses
  • Santé : maintien et renforcement du service public — investissement dans les déserts médicaux
Marine Tondelier
Les Écologistes (primaire oct. 2026)
3-4%
Bouclier social-écolo
  • Transport : gratuité ou quasi-gratuité des transports en commun (dans le bouclier)
  • Logement : rénovation thermique massive — priorité aux ménages précaires
  • Alimentation : soutien aux circuits courts ; aide alimentaire élargie
  • École : réduction des effectifs par classe ; investissement massif en REP
  • Santé environnementale : zéro pesticide, air propre, eau potable comme droit
François Ruffin
Debout ! (primaire oct. 2026)
6%
Social-ouvrier
  • Travail : revalorisation des métiers du soin, de l'éducation, des mains
  • Territoires : réinvestissement dans les zones abandonnées (ex-bassins industriels)
  • Retraites : abrogation de la réforme à 64 ans
  • Services publics : reconstruire la présence de l'État en milieu rural et péri-urbain
  • Alimentation : circuits courts, souveraineté alimentaire, aide aux petits agriculteurs
🥵 Vivre les canicules : le nouveau front du quotidien
Un clivage apparu en juin 2026, durci par l'été. Avec une quatrième vague de chaleur et des mégafeux records, la question "comment tient-on chez soi l'été ?" est devenue un sujet de pouvoir d'achat et de santé publique autant que d'écologie.

· Le Pen / RN — la climatisation est "une question de santé publique" : plan massif de climatisation si elle est élue, au motif que "la climatisation ne doit pas être taboue alors qu'on a une énergie décarbonée grâce au nucléaire".
· Mélenchon / LFI — s'y oppose frontalement : "climatiser partout, ça veut dire augmenter les dégâts" ; priorité à la rénovation et à la sobriété thermique.
· Tondelier / Écolos — position médiane : la clim ne doit être "ni un tabou, ni une réponse à tout", "il y a des endroits où on ne peut plus se passer de clim'", mais "si vous climatisez des logements qui ne sont pas isolés, vous n'allez pas très loin". Juge la position du RN "pas crédible sur le climat".
· Bloc central (Philippe, Attal) — pas de position tranchée publiée ; l'ancien ministre Bruno Le Maire plaide "un très grand pragmatisme" pour éviter que "les plus fragiles meurent à cause du réchauffement".
· Retailleau, Lisnard, Glucksmann, Ruffin — absents de ce débat précis à ce stade.

Le cadre existant : le PNACC-3 prévoit la rénovation d'été des logements (au-delà de la seule isolation d'hiver) et renforce les obligations de sécurité des employeurs face aux vagues de chaleur (mesure 11) — deux dispositifs que peu de candidats mentionnent, alors qu'ils déterminent concrètement la vie quotidienne à +4 °C.

Avec 7,9% de chômage fin 2025 et 5,7 millions de demandeurs d'emploi, le marché du travail reste une priorité absolue. Les candidats divergent profondément : flexibilité contre protection, incitation contre obligation, réduction du temps de travail contre allongement.

Contexte 2026 : +12,8% de demandeurs d'emploi sans activité en un an, +43,3% chez les moins de 25 ans. Le marché du travail est structurellement tendu côté offre (350 000 offres pour 5,7M demandeurs) mais aussi côté qualité — beaucoup d'emplois précaires mal rémunérés.
🔵 Droite & Extrême droite
Le Pen / RN
Rassemblement National
35-38%
Ambigu droite/sociale
  • Heures sup' : maintien de la défiscalisation et de l'exonération de cotisations
  • Salaires : incitation aux entreprises à augmenter de 10% les salaires < 3 SMIC via exonérations patronales — non contraignant
  • Assurance chômage : abrogation de la réforme durcissante de 2024 ; positionnement historiquement ambigu entre protection et durcissement
  • Emploi industriel : 200 000 emplois industriels et 400 usines via réindustrialisation — non chiffré
  • Temps de travail : pas de position claire sur les 35h
  • Apprentissage : soutien aux jeunes et aux entreprises dans l'alternance
  • Préférence nationale : emplois publics stratégiques réservés aux nationaux
Retailleau / LR
Les Républicains
6-9%
Flexibilité & mérite
  • 35 heures : sortie du carcan des 35h — remplacer par des accords d'entreprise libres
  • CDI / Flexibilité : faciliter les accords d'entreprise sur le temps de travail
  • Chômage : réduction de l'assistanat ; conditionnalité renforcée des allocations
  • Seniors : pas de position précise sur l'emploi des seniors
  • Valeur travail : axe central du programme — "faire que le travail paie davantage"
Lisnard / NE
Nouvelle Énergie
~2%
Libéral assumé
  • Marché du travail : libéralisation poussée — accords de branche et d'entreprise en lieu et place des rigidités légales
  • Chômage : réforme de l'indemnisation pour inciter davantage au retour à l'emploi
  • Formation : superpuissance scientifique — requalification via l'éducation d'excellence
  • Entrepreneuriat : simplification radicale pour créer et embaucher sans bureaucratie
  • Temps de travail : liberté totale de négociation — fin des 35h comme norme obligatoire
🟡 Centre
Philippe / Horizons
Horizons
14-19% ⚠️
Réformiste équilibré
  • Flexisécurité : approfondissement des ordonnances de 2017 — plus de souplesse, plus d'accords d'entreprise
  • Minimas sociaux : refonte pour supprimer les trappes à inactivité — inciter au travail plutôt qu'à l'assistance
  • Heures sup' : suppression des cotisations sociales sur les heures supplémentaires
  • Fonctionnaires : réduction des effectifs par non-remplacement partiel des départs ; réallocation vers les priorités (santé, sécurité, éducation)
  • Formation : adaptation continue des compétences — réforme de France Travail
  • Plein emploi : objectif affiché via la politique de l'offre (baisses de charges)
Attal / Renaissance
Renaissance
8-15%
Continuité macroniste
  • Salaires nets : "droit au brut" — hausser le net via réforme assurance chômage et économies sur dépenses sociales
  • Assurance chômage : réforme pour durcir les conditions d'accès et renforcer l'incitation à l'emploi
  • Immigration travail : "préférence travail" — visa conditionné à une offre d'emploi
  • IA et emploi : accompagnement de la transition numérique des métiers
  • Apprentissage : maintien du dispositif Macron — succès revendiqué
🔴 Gauche
Mélenchon / LFI
La France Insoumise
16-17%
Rupture systémique
  • Temps de travail : réduction à 32h hebdomadaires — partage du travail comme outil contre le chômage
  • SMIC : 1 600€ nets dès l'élection — hausse immédiate
  • Chômage structurel : garantie d'emploi au SMIC dans les secteurs de transition écologique pour les chômeurs de longue durée
  • Assurance chômage : abrogation des réformes durcissantes ; retour à un régime plus généreux
  • Égalité F/H : égalité salariale imposée par la loi avec contrôles renforcés
  • CAC 40 : année blanche sur les profits ; partage de la valeur ajoutée obligatoire
Glucksmann / PP
Place Publique
10-11%
Social-démocratie
  • Emplois verts : 100 Md€ / 10 ans pour créer des emplois qualifiés dans les industries vertes (éolien, solaire, VE, H2)
  • Salaires : hausse par la réindustrialisation plutôt que par décret
  • Formation : reconversion des travailleurs des industries fossiles vers les industries vertes
  • Temps de travail : pas de réduction imposée — dialogue social
  • Sécurisation parcours : protection renforcée pour les travailleurs en transition
Tondelier / Écolos
Les Écologistes
3-4%
Emplois verts & soins
  • Emplois écologiques : 200 000 recrutements dans les services publics verts (rénovation, mobilité, biodiversité)
  • Temps de travail : réduction — partage du travail, semaine de 4 jours
  • Métiers du soin : revalorisation massive des soignants, enseignants, travailleurs sociaux
  • Égalité F/H : égalité salariale ; congé parental étendu et mieux partagé
Ruffin / Debout!
Debout !
6%
Défense des métiers du bas
  • Revalorisation : métiers du soin, de l'éducation, des mains — reconnus, mieux payés
  • Temps de travail : réduction pour partager l'emploi et améliorer la qualité de vie
  • Chômage : abrogation des réformes régressives ; chômage comme droit et filet de sécurité
  • Territoires : réinvestissement dans les bassins d'emploi sinistrés
  • Commandes publiques : "acheter local" comme levier de l'emploi territorial

La protection sociale au sens large — Sécurité sociale, santé, retraites, famille, dépendance, logement — représente plus de 700 Md€ de dépenses annuelles. C'est le premier poste de l'État. Les candidats divergent radicalement sur son périmètre, son financement et son universalité.

🆕 Retraites — le sujet brûlant de juin 2026 : Le COR a dégradé sa prévision (déficit du régime à 2,4% du PIB en 2070 vs 1,4% un an avant, du fait de la baisse de la natalité). La réforme Borne (64 ans) est suspendue mais reprendrait automatiquement son cours en 2028 sans nouvelle loi. Macron juge que son successeur devra "reprendre le chantier". Résultat : tous les candidats sont sommés de se positionner — et le RN s'y est déchiré (Bardella vs Le Pen) — un débat tranché de facto par la candidature Le Pen actée le 7 juillet.
Candidat Santé / Hôpital Retraites Famille / Logement Dépendance Orientation
Le Pen / RN Peu détaillé — recrutement de soignants annoncé ; critique de la désertification médicale Ligne Le Pen actée par sa candidature (juil. 2026) : 62 ans maintenus (60 ans carrières longues, 40 annuités) + dose de capitalisation volontaire. L'option Bardella ("nouveau système" par durée de cotisation) passe au second plan avec son retrait au profit de la candidate — divergence refermée, pas tranchée sur le fond. Préférence nationale pour le logement social ; exonération taxe foncière primo-accédants 5 ans ; prêt à 0% jeunes familles Non précisé 🟡 National-social, en recomposition
Retailleau / LR Réforme de l'offre de soins ; lutte contre les déserts médicaux ; liberté de choix Maintien à 64 ans probable ou positionnement flou ; "retraites durables" Politique familiale "audacieuse" (non détaillée) ; rejet GPA ; pro-natalité Non précisé 🟡 Conservateur social
Lisnard / NE Réforme via le marché et la liberté de choix ; concurrence public/privé Capitalisation partielle — dose de fonds de pension sectoriels Libéralisation du marché du logement ; simplification construction Assurances privées + 5e branche publique allégée 🟡 Libéral
Philippe / Horizons Recrutement massif de soignants ; grand service public de santé décentralisé ; ordonnances santé dès l'élection Référendum sur une dose de capitalisation — ni statu quo ni rupture ; retraites et minima indexés sur l'inflation réelle Aides au logement maintenues ; politique familiale par la croissance 5e branche Sécu dédiée à l'autonomie — mesure phare 🟢 Réformiste équilibré
Attal / Renaissance Continuité macroniste — numerus clausus réformé, maisons de santé ; IA dans le diagnostic 🆕 Août 2026 : système universel à règles identiques pour tous, fondé uniquement sur la durée de cotisation (décote réelle pour départ anticipé, surcote pour prolongation) + introduction d'une part de capitalisation. Refuse explicitement le report à 66-67 ans, jugé insuffisant comme projet. Amélioration des petites pensions maintenue Maintien des APL ; politique familiale via l'emploi et le salaire Non précisé clairement 🟡 Continuité
Glucksmann / PP Renforcement hôpital public ; déserts médicaux traités par affectation incitative ; prix électricité maîtrisé réduit coûts hôpitaux Pas de "totem" sur l'âge légal (déclaré juin 2026) ; priorité à la durée de cotisation et la pénibilité ; amélioration des pensions basses Logement social renforcé ; encadrement des loyers dans les zones tendues Investissement public dans l'autonomie 🟡 Social-démocrate
Mélenchon / LFI Reconstruction hôpital public ; fin des dépassements d'honoraires ; recrutement 100 000 soignants Retour à 60 ans avec 40 annuités — réaffirmé au meeting de Saint-Denis (7 juin 2026) Gratuité école (cantine, fournitures, transport) ; encadrement strict des loyers ; rénovation 700k logements/an Service public universel de la dépendance 🟡 Rupture redistributive
Tondelier / Écolos Santé environnementale comme priorité ; prévention renforcée ; médecine de proximité Abrogation à 62 ans probable ; retraite améliorée pour les femmes et carrières hachées Bouclier transports / logement / alimentation pour les ménages précaires Investissement dans les EHPAD publics ; maintien à domicile 🟡 Écologie sociale
Ruffin / Debout! Service public de santé de proximité — reconstruire la présence en milieu rural Abrogation à 60 ans ou 62 ans — retraite comme droit Logement comme besoin fondamental ; services publics de proximité Revalorisation des aides à domicile 🟡 Social-populaire

La fiscalité est le révélateur des priorités politiques : qui paie, combien, et pour financer quoi. En France, la pression fiscale dépasse 45% du PIB — la plus élevée de l'UE. Tous les candidats promettent des baisses, mais pour des bénéficiaires très différents, et avec des financements très inégalement crédibles.

Contexte : Moins d'un foyer sur deux paie l'IR. 10% des Français les plus aisés acquittent 75% du produit de l'IR (rendement ~92 Md€). L'IFI (ex-ISF) rapporte ~2 Md€/an. La flat tax (30%) sur les revenus du capital est au cœur des débats.
Le Pen / RN
Rassemblement National
35-38%
Populiste — coûteux
  • TVA énergie : 20% → 5,5% sur électricité, gaz, carburant → −120 à −280€/an/ménage (Trésor)
  • IR : exonération totale des jeunes actifs de moins de 30 ans
  • IS entreprises : taux réduit pour PME-TPE ; suppression CVAE ; réduction C3S
  • ISF financier (IFF) : création d'un impôt sur le patrimoine financier au-delà de 5 M€ → ~3 Md€ attendus (contesté)
  • Heures sup' : maintien défiscalisation et exonération sociale
  • Flat tax : maintenue — pas de remise en cause du PFU à 30%
  • Succession : abattements supplémentaires sur donations et transmissions
Retailleau / LR
Les Républicains
6-9%
Libéral classique
  • IR : progressivité actuelle jugée "désincitative au travail et à l'ascension sociale" — réforme vers taux réduits
  • Flat tax : maintenue — capital et travail ne doivent pas être traités de la même façon
  • IS entreprises : baisse — attractivité pour les investisseurs et TPE-PME
  • ISF : pas de retour — l'IFI actuel suffit selon lui
  • Niches fiscales : audit et suppression des moins efficaces
  • Priorité : baisser les impôts de production plutôt que les impôts personnels
Lisnard / NE
Nouvelle Énergie
~2%
Libéral radical structuré
  • IR : réforme vers un impôt simplifié — moins de tranches, taux plus bas pour inciter au travail et à rester en France
  • IS : baisse significative pour attirer les investissements et retenir les entreprises
  • ISF : pas de retour — nuisible à l'investissement productif
  • Flat tax : maintenue ou renforcée — neutralité fiscale capital/épargne
  • Dépenses publiques : la baisse fiscale financée par la réduction drastique des dépenses (État régalien uniquement)
  • Niches : simplification radicale — supprimer toutes les niches non productives
Philippe / Horizons
Horizons
14-19% ⚠️
Pragmatique — crédible
  • IR : taux unique pour les classes moyennes — simplification et allègement ciblé
  • Charges bas salaires : "bouclier charges" jusqu'à 2,5 SMIC — hausse du net sans toucher à l'IR
  • Heures sup' : suppression des cotisations sociales — travailler plus pour gagner plus
  • Impôts de production : baisse générale — axe compétitivité industrielle
  • ISF : maintien de l'IFI — pas de retour de l'ISF général
  • Flat tax : maintenue — stabilité fiscale pour les investisseurs
  • Règle d'or : constitutionnalisation de l'équilibre budgétaire soumise à référendum
Attal / Renaissance
Renaissance
8-15%
Héritage macroniste
  • Salaire net : "droit au brut" — hausse via économies sur les dépenses sociales, pas par réduction d'IR
  • IS / Flat tax : maintien des acquis macronistes (PFU 30%, IS 25%) — stabilité
  • Charges patronales : réforme assurance chômage pour financer la hausse du net
  • ISF : pas de retour — l'IFI reste en vigueur
  • IA / Numérique : fiscalité adaptée pour attirer les acteurs tech en France
Glucksmann / PP
Place Publique
10-11%
Social-démocrate modéré
  • ISF : retour d'un ISF modernisé incluant les actifs financiers — recettes attendues ~10 Md€/an
  • Flat tax : suppression du PFU — imposer les revenus du capital comme les revenus du travail
  • IR : renforcement de la progressivité — barème plus juste pour les hauts revenus
  • Niches fiscales : suppression des niches anti-écologiques et inefficaces
  • Évasion fiscale : coopération européenne renforcée ; registres des bénéficiaires
  • Financement : hausse des recettes + emprunt européen vert pour les 100 Md€
Mélenchon / LFI
La France Insoumise
16-17%
Révolution fiscale
  • ISF : rétablissement et renforcement avec volet climatique — taxe les gros pollueurs
  • Milliardaires : garantie d'impôt de 2% sur le patrimoine (taxe Zucman)
  • Flat tax : suppression totale du PFU — capital imposé comme le travail
  • IR : 14 tranches (vs 5 actuellement) pour plus de progressivité
  • TVA : baisse sur les produits de 1re nécessité ; "TVA grand luxe" compensatoire
  • Succession : héritage maximum de 12 M€ (100× le patrimoine médian)
  • Superprofits : taxation des profits exceptionnels du CAC 40
  • Niches : suppression de toutes les niches "injustes ou nuisibles"
Tondelier / Écolos
Les Écologistes
3-4%
Fiscalité verte & sociale
  • ISF : retour avec volet climatique — taxation des pollueurs
  • Flat tax : suppression — revenus du capital imposés progressivement
  • IR : individualisation — chaque individu paie selon ses revenus propres (fin du quotient conjugal)
  • Fiscalité verte : taxe carbone aux frontières européennes ; bonus-malus environnemental renforcé
  • Niches anti-écolo : suppression des avantages fiscaux aux énergies fossiles
Ruffin / Debout!
Debout !
6%
Redistribution populaire
  • ISF : retour — "les riches doivent contribuer"
  • Flat tax : suppression — injuste pour les salariés
  • Superprofits : taxation forte des rentes et profits exceptionnels
  • Fraude fiscale : lutte renforcée comme source de financement prioritaire
  • TVA : baisse sur les produits du quotidien pour les ménages modestes
Le grand clivage fiscal en un coup d'œil
MesureRNLRNEPhilippeAttalGlucksmannLFIÉcolos
ISF / FortuneIFF >5M€ partiel❌ Non❌ NonIFI maintenuIFI maintenu✅ ISF élargi✅ ISF renforcé✅ ISF vert
Flat tax 30%✅ Maintenue✅ Maintenue✅ Maintenue✅ Maintenue✅ Maintenue❌ Supprimée❌ Supprimée❌ Supprimée
IR — classes moyennesExo <30 ansBaisse généraleTaux plus basTaux unique CMVia salaire netPlus progressif14 tranchesIndividualisé
Charges bas salairesExo heures sup'FlexibilitéLibéralisationBouclier 2,5 SMICRéforme chômageVia emplois vertsSMIC 1 600€Emplois verts
IS entreprises↓ CVAE, C3S↓ Baisse↓ Forte baisse↓ Prod. baissésStable / Macron~StableSuperprofits taxés↑ Anti-fossile

La sécurité est le troisième sujet de préoccupation des Français selon Ipsos/CEVIPOF (après le pouvoir d'achat et la santé). Elle recouvre la police, la justice, l'immigration et la lutte contre le narcotrafic. C'est aussi le terrain où les candidats se distinguent le plus fortement — de la refondation de la police républicaine (LFI) au "choc d'autorité" (RN, Retailleau).

Contexte 2026 : La loi narcotrafic (2025) a renforcé l'arsenal juridique mais son application reste limitée faute d'effectifs. Les Français perçoivent une forte impunité : sentiment que la police arrête, mais la justice remet en liberté trop vite. Retailleau a bâti toute sa candidature sur ce terrain depuis son passage au ministère de l'Intérieur (2024-2025).
🔵 Droite & Extrême droite
Le Pen / RN
Rassemblement National
35-38%
"Choc d'autorité"
  • Police : création de 10 000 postes de policiers et gendarmes ; police municipale obligatoire dans toutes les communes de plus de 10 000 habitants
  • Protection des forces : présomption de légitime défense pour les policiers et gendarmes ; protection fonctionnelle renforcée
  • Justice : peines planchers pour les récidivistes, trafiquants, atteintes aux dépositaires de l'autorité publique ; aménagements de peine limités
  • Mineurs : majorité pénale abaissée à 16 ans ; comparutions immédiates étendues
  • Immigration : arrêt de l'immigration familiale ; durcissement massif des OQTF ; remise en cause du droit du sol ; révision des accords bilatéraux (dont franco-algérien de 1968)
  • Narcotrafic : durcissement des peines ; nouvelles places de prison
Retailleau / LR
Les Républicains
6-9%
Le plus radical
  • Justice pénale : "révolution de la justice pénale" soumise à référendum ; rétablissement des courtes peines de prison (abrogées par la loi Belloubet 2019) ; procédures judiciaires abrégées pour juger plus vite
  • Magistrature : diversification du recrutement des magistrats ; réforme de la justice des mineurs
  • Ordre public : "état d'urgence sécuritaire" dans les zones difficiles ; interception des messageries cryptées ; expulsion des narcotrafiquants des logements sociaux systématisée
  • Immigration : immigration réduite à "zéro" sauf cas exceptionnels ; fin du regroupement familial ; révision des traités bilatéraux par référendum
  • Politique pénale : "sanction certaine pour briser les parcours délinquants" ; fin de l'excuse de minorité
Lisnard / NE
Nouvelle Énergie
~2%
Régalien strict
  • Police : État recentré sur ses missions régaliennes — la sécurité est une priorité absolue
  • Justice : réforme pour plus de rapidité et d'efficacité ; peines exécutées réellement
  • Immigration : maîtrise stricte — immigration conditionnée à l'utilité économique et à la capacité d'intégration
  • Narcotrafic : application pleine de la loi narcotrafic avec les moyens nécessaires
🟡 Centre
Philippe / Horizons
Horizons
14-19% ⚠️
Ferme & pragmatique
  • Police : recrutement significatif de policiers et gendarmes ; 200 nouvelles brigades de gendarmerie fléchées vers les campagnes et villes moyennes — "zéro zone blanche en sécurité"
  • Justice : +8 500 personnels de justice recrutés pour accélérer les délais ; budget justice +30% maintenu et amplifié ; sanctions prononcées plus vite (enjeu éducatif pour les jeunes)
  • Immigration : durcissement de l'immigration familiale ; révision du traité franco-algérien de 1968 ; facilitation des OQTF ; immigration de travail acceptée dans les secteurs en tension
  • Narcotrafic : application de la loi narcotrafic avec les moyens (effectifs, temps d'enquête, coordination)
  • Approche : ferme sur les actes, sans démagogie — distingue le problème d'ordre du problème social
Attal / Renaissance
Renaissance
8-15%
Continuité macroniste
  • Police : maintien des recrutements engagés sous Macron ; amélioration des conditions de travail
  • Justice : +8 500 personnels annoncés ; accélération des procédures
  • Immigration : "préférence travail" — visa conditionné à une offre d'emploi ; frontières renforcées
  • Approche : "autorité bienveillante" — fermeté sur les actes, pas sur les personnes
🔴 Gauche
Glucksmann / PP
Place Publique
10-11%
Nouveau positionnement à gauche
  • Sécurité : "la gauche républicaine doit prendre à bras-le-corps la question de la sécurité" — rupture assumée avec le déni de LFI
  • Police : police républicaine renforcée et respectée ; moyens accrus
  • Justice : justice plus rapide et effective ; lutte contre l'impunité
  • Immigration : "convention citoyenne sur l'immigration" — ni immigration zéro, ni droit universel à s'installer ; approche démocratique et transparente. "Non, s'installer en France n'est pas un droit universel"
  • Cohésion nationale : service civique obligatoire ; "contrat patriotique" ; "passeport pour l'émancipation" pour chaque enfant
Mélenchon / LFI
La France Insoumise
16-17%
Refondation républicaine
  • Police : "refonder une police républicaine" — loyale à l'État de droit, protectrice des libertés ; fin des violences policières systémiques
  • Justice : justice réelle et accessible pour tous ; abolition des peines planchers ; fin de la "machine à incarcérer"
  • Immigration : régularisation des sans-papiers travailleurs ; droit d'asile renforcé ; critique de la criminalisation de l'immigration
  • Sécurité sociale : la vraie sécurité passe par les services publics, l'emploi, le logement — approche socio-structurelle
Tondelier / Écolos
Les Écologistes
3-4%
Sécurité globale
  • Police : police de proximité renforcée dans les quartiers populaires et ruraux
  • Justice : investissement dans la justice réparatrice ; peines alternatives à la prison
  • Immigration : accueil digne des réfugiés climatiques (sujet croissant) ; intégration par le travail et les droits
  • Approche : la sécurité passe par la justice sociale et environnementale — lutte contre les causes profondes
Ruffin / Debout!
Debout !
6%
Social avant punitif
  • Police : police de proximité dans les territoires ; présence rétablie en milieu rural
  • Justice : justice accessible et rapide ; critique de l'incarcération de masse
  • Immigration : approche pragmatique — ni fermeture totale, ni régularisation massive ; priorité à l'intégration
  • Approche : "la sécurité réelle, c'est l'emploi, les services publics, les quartiers qui respirent" — la prévention avant la répression
Le clivage sécurité en un tableau
CandidatPoliceJustice / PeinesImmigrationNarcotraficApproche globale
Le Pen+10k postes, présomption légitime défensePeines planchers, majorité pénale 16 ans, ↓ aménagementsArrêt immigration familiale, droit du sol remis en cause, OQTF massivesPeines durcies, nouvelles prisons🔴 Très répressif
RetailleauÉtat d'urgence zones difficiles, messageries cryptées interceptéesRévolution pénale (référendum), courtes peines rétablies, justice accéléréeImmigration zéro sauf exceptions, fin regroupement familialExpulsions logements sociaux systématisées🔴 Le plus radical
LisnardRégalien prioritairePeines exécutées réellement, justice rapideConditionnée à utilité économique / intégrationApplication pleine loi narcotrafic🟡 Régalien libéral
Philippe200 brigades gendarmerie, 0 zone blanche+8 500 personnels justice, sanctions rapidesDurcissement familiale, révision traité algérien, travail acceptéMoyens pour la loi narcotrafic🟢 Ferme & structuré
AttalContinuité recrutements Macron🆕 "Choc d'autorité" (août 2026) : construction de prisons via opérations d'intérêt national (l'État choisit les sites), suppression du juge d'application des peines et des remises automatiques, réécriture complète du Code de procédure pénale, durcissement constitutionnel sur les mineurs délinquants ("tu casses, tu répares")🆕 "Préférence travail" : quotas limitatifs votés par le Parlement, par secteur et par origine géographique (révision constitutionnelle assumée) ; réforme de Schengen et renforcement de FrontexContinuité🟡 Continuité
GlucksmannPolice républicaine renforcéeJustice effective, lutte contre l'impunitéConvention citoyenne, ni immigration zéro ni droit universelJustice sociale comme prévention🟢 Nouveau positionnement gauche
MélenchonRefondation républicaine, fin violencesAbolition peines planchers, ↓ incarcérationRégularisation travailleurs, droit d'asile renforcéCauses sociales🟡 Refondation
TondelierPolice de proximitéJustice réparatrice, peines alternativesAccueil réfugiés climatiques, intégration par droitsPrévention🟡 Social-préventif
RuffinProximité territorialeJustice accessible, critique incarcérationPragmatique, priorité intégrationEmploi et services publics🟡 Prévention sociale
🚒 L'autre sécurité : la protection civile face aux catastrophes climatiques
Un angle mort devenu central en juillet 2026. La "sécurité" de ce comparatif désignait police, justice, immigration et narcotrafic. L'été 2026 a imposé une seconde acception : la capacité de l'État à protéger les personnes face aux catastrophes climatiques. Bilan définitif : le feu de Gironde, maîtrisé le 5 août, a parcouru 42 000 hectares — le plus vaste incendie de forêt en France depuis 1949, avec 220 000 personnes évacuées et 264 sapeurs-pompiers pris en charge. Sur l'ensemble de l'année, la France dépasse les 93 000 hectares brûlés au 6 août (EFFIS), un record absolu devant 2022 (66 307 ha) — sans compter le Var, la Corse, les Landes et Fontainebleau.

Le cadre, enfin en mouvement : le "Beauvau de la sécurité civile", concertation lancée le 28 avril 2024 par Gérald Darmanin — qui reconnaissait déjà un modèle "sous tension" nécessitant "une profonde adaptation (…) liée en particulier au changement climatique" — devait déboucher sur une loi jamais déposée. 🆕 Décrets du 12 août 2026 : sept parlementaires (4 députés, 3 sénateurs) sont missionnés par Lecornu pour enrichir le projet de loi, étendu à la reconstruction après les feux. Le financement est espéré au PLF 2027, débattu à partir d'octobre — le rendez-vous qui transformera les communiqués de l'été en votes.
Candidat Position sur la sécurité civile (juillet 2026) Crédibilité
Le Pen / RN Priorité à la réponse pénale (Sébastien Chenu : "il ne faut pas avoir la main qui tremble" face aux incendiaires) ; achat de Canadairs financé par une baisse de la contribution française à l'UE 🔴 Le financement proposé entre en contradiction avec le cofinancement européen de la flotte
Retailleau / LR Réclame la loi issue du Beauvau de la sécurité civile "dans les prochaines semaines" et les moyens de modernisation des sapeurs-pompiers (24 juillet) 🟢 Position cohérente avec son passage à l'Intérieur, mais sans chiffrage
Lisnard / NE Défend le rôle du maire comme directeur des opérations de secours et la libre administration des SDIS 🟡 Doctrine institutionnelle sans engagement budgétaire
Philippe / Horizons Appelle à une remise à plat de la stratégie de lutte contre les incendies ; annonces reportées à la rentrée 🟡 Diagnostic partagé, contenu encore vide
Attal / Renaissance Propose un "Canadair européen" pour sortir de la dépendance à un monopole mondial ; défend son bilan (+288 M€, 2 Canadairs commandés, 36 hélicoptères) 🟡 Bilan contesté : 52,8 M€ de crédits annulés par décret en février 2024, deux Canadairs abandonnés
Glucksmann / PP Pas de proposition spécifique publiée ; sa logique de souveraineté industrielle européenne rejoindrait l'argument du Canadair européen 🟡 Absent du débat de l'été
Mélenchon / LFI Plan de "reconstruction générale" à 1 Md€ (27 juillet) : 50 000 volontaires d'ici 2030, banque nationale de surveillance médicale des pompiers, 6 A400-M équipés en bombardiers d'eau ; "crime d'incendie volontaire écocidaire" 🟢 Le seul plan chiffré et détaillé — mais adossé à un budget global non soutenable
Tondelier / Écolos Demande une réunion de crise à Matignon/Élysée ; PPL Regol du 23 juillet instaurant une trajectoire pluriannuelle d'investissement pour la flotte aérienne 🟢 Traduction législative concrète, mais faible poids parlementaire
Ruffin / Debout! Valorisation des pompiers volontaires et des services publics de proximité dans les territoires ruraux exposés 🟡 Cohérent avec sa ligne, sans dispositif technique

La réindustrialisation est l'un des rares thèmes où tous les candidats ont une position. Les approches diffèrent radicalement : protectionnisme national (RN), libéralisme de l'offre (Lisnard/Philippe), planification étatique (LFI) ou investissement vert (Glucksmann).

Candidat Approche Mesures clés Emplois visés Crédibilité
Le Pen Protectionnisme Droits de douane sur imports non-normatifs, exonérations fiscales pour usines relocalisées, préférence nationale commandes publiques Non chiffré 🟡 Flou
Retailleau Compétitivité Réduction des normes, sortie des 35h, attractivité pour les investisseurs Non chiffré 🟡 Partiel
Lisnard Libéral souverain Plan relocalisation + souveraineté économique, débureaucratisation totale, conditions attractives pour PME et ETI Non chiffré 🟢 Structuré
Philippe Mixte libéral 100 000 emplois industriels en 5 ans, aides conditionnées à la production en France, baisse impôts de production 100 000 / 5 ans 🟢 Chiffré
Attal Héritage Macron Continuation France 2030, IA comme levier industriel, attractivité des territoires Non précisé 🟡 Incomplet
Glucksmann Vert & social 100 Md€ / 10 ans industries vertes (éolien, solaire, VE, H2), réduction dépendance Chine Emplois verts qualifiés 🟡 Financement flou
Mélenchon Planification état Pôles publics industriels, bifurcation écologique planifiée, désobéissance règles UE concurrence. 🆕 Juin-juillet 2026 : "industrialisation écologique" et gouvernement "par les besoins" — l'État remplirait les carnets de commandes des entreprises engagées dans la relance écologique et sociale (dîner France Industrie du 29 juin, révélé le 22 juillet ; débat REF Medef les 26-27 août) Via garantie emploi 🟡 Anti-marché
Tondelier Transition verte Réindustrialisation via transition, rénovation thermique comme filière industrielle Emplois rénovation 🟡 Partiel
Ruffin Territoires Réinvestissement dans les bassins industriels sinistrés, commandes publiques locales, relocalisation filières stratégiques Territoires désindustrialisés 🟡 Partiel
🏭 Réindustrialiser un pays à +4 °C : la résilience comme critère industriel
Une contrainte que les programmes ignorent encore. Réindustrialiser suppose de l'eau, de l'énergie disponible en canicule, des réseaux qui tiennent et des sites assurables. Or le PNACC-3 impose déjà cette logique aux entreprises :

· Études de vulnérabilité obligatoires (mesure 33) — depuis 2025 pour les grandes entreprises du transport et de l'énergie, étendues en 2026 à tous les opérateurs d'importance vitale.
· Conditionnalité des aides (mesure 34) — l'accès aux financements ADEME, France 2030 et Bpifrance est désormais subordonné à l'analyse des vulnérabilités climatiques du projet.
· Une trajectoire de référence opposable — le gouvernement prévoit de donner une valeur juridique à la TRACC (trajectoire de réchauffement de référence pour l'adaptation).

Où se situent les candidats : Mélenchon (industrialisation écologique, "gouvernement par les besoins", l'État remplissant les carnets de commandes) et Glucksmann (100 Md€ pour les industries vertes) sont les seuls à articuler industrie et contrainte climatique, sans traiter explicitement l'adaptation des sites. Philippe et Attal font de la décarbonation industrielle un objectif (accords de Paris comme cap chez Attal) mais ne mentionnent pas la conditionnalité ni la résilience des infrastructures. Le Pen promet la relocalisation et l'électrification des usages tout en s'opposant au Pacte vert — le RN annonce des "livrets" sur le sujet. Retailleau et Lisnard abordent l'industrie par la compétitivité et la critique des normes, y compris celles qui organisent l'adaptation. Tondelier pose la question du modèle agricole et forestier (monoculture de résineux) comme enjeu industriel de première ligne, et Ruffin celle des filières locales. Aucun ne chiffre le coût de l'adaptation des sites industriels.

Le changement climatique divise profondément les candidats — entre ceux qui acceptent la contrainte climatique comme donnée (et cherchent comment gérer la transition), et ceux qui la minimisent ou refusent ses implications économiques.

Le Pen / RN
Risque climatique élevé
  • Moratoire sur les énergies renouvelables (éolien, solaire) → paradoxe souverainiste
  • 🆕 Été 2026, sous pression des mégafeux : "livrets" thématiques annoncés par le directeur de campagne Julien Sanchez — électrification des usages, relocalisation de la production, sécurité civile (achat de Canadairs financé par une baisse de la contribution française à l'UE, proposition Ménagé)
  • Opposition au Pacte vert européen — "écologie punitive"
  • Soutien au nucléaire de 4e génération et à l'hydrogène
  • Maintien des véhicules thermiques — contre l'interdiction 2035
  • Ferroviaire promu mais sans moyens concrets
Retailleau / LR
Écologie du progrès
  • Nucléaire central — nouveau programme EPR2
  • Critique des normes climatiques UE perçues comme anti-compétitives
  • "Écologie du progrès" — technologie plutôt que sobriété imposée
  • Agriculture : révision des contraintes sur les pesticides
Lisnard / NE
Réaliste non-punitive
  • "Transformation écologique réaliste" — ni déni ni punition
  • Indépendance énergétique : nucléaire + ENR sans idéologie
  • Marché et innovation comme moteurs de la transition
  • Refus des sur-normes bureaucratiques européennes
Philippe / Horizons
Pragmatique équilibré
  • Mix nucléaire + ENR sans dogme — continuité sur les EPR
  • Objectifs climatiques tenus mais sans "écologie punitive"
  • Rénovation énergétique des logements comme levier industriel
  • Ferroviaire et mobilités douces dans les territoires
Attal / Renaissance
Héritage Macron
  • Nucléaire + ENR — ligne macroniste maintenue
  • IA comme outil d'optimisation énergétique
  • Engagement sur les accords de Paris — présentés en août 2026 comme le "cap" et l'une des "deux dettes" à résorber avec la dette publique
  • 🆕 Décarbonation ciblée de l'industrie et des transports ; propositions annoncées pour accélérer le véhicule électrique
  • Défend son bilan sécurité civile : +288 M€, commande de 2 Canadairs (livraison 2028, 2 autres depuis) et de 36 hélicoptères bombardiers d'eau
Glucksmann / PP
Nucléaire + ENR ambitieux
  • Nucléaire maintenu comme énergie pilotable et décarbonée
  • Grand plan ENR — 100 Md€ investissements verts
  • Prix électricité fixé sur coût de production réel (pas le marché)
  • Réduction dépendance aux fossiles et à la Chine
Mélenchon / LFI
Rupture radicale
  • 100% ENR à terme ; sortie progressive du nucléaire d'ici 2050
  • Rénovation 700 000 logements/an ; plan bio 30% en 2030
  • Développement massif du ferroviaire ; fin avantage fiscal diesel
  • Interdiction néonicotinoïdes ; sortie glyphosate immédiate
  • Planification écologique contraignante
  • 🆕 Création d'un "crime d'incendie volontaire écocidaire" (juillet 2026, après les mégafeux)
Tondelier / Écolos
Priorité absolue
  • Climat comme axe structurant de toute politique publique
  • Bouclier social-environnemental : transport, logement, alimentation
  • Transition juste — protège les ménages modestes de la transition
  • Santé environnementale : air, eau, alimentation saine
Ruffin / Debout!
Écologie populaire
  • Objectif de réduction de 50% des émissions de CO₂ d'ici 2030
  • Isolation gratuite des 8 millions de passoires thermiques, priorité aux quartiers populaires
  • Sortie progressive du nucléaire (pas immédiate) + ENR citoyennes (éolien offshore participatif)
  • "Chèque vert" pour les ménages modestes affectés par la transition ; agroécologie
🛡️ Résilience & adaptation : le grand angle mort de la campagne
Atténuer ≠ s'adapter. Les onze critères de ce comparatif mesuraient jusqu'ici l'atténuation (réduire les émissions). L'été 2026 impose l'autre moitié du problème : la capacité de la France à encaisser les catastrophes déjà inévitables — incendies, canicules, sécheresses, inondations, submersion.

🆕 Bilan définitif de l'été 2026 : le feu de Gironde, maîtrisé le 5 août, a parcouru 42 000 hectares — le plus vaste incendie de forêt en France depuis 1949. Au 6 août, l'année 2026 bat le record absolu avec plus de 300 incendies et ~93 000 hectares brûlés (EFFIS), contre 66 307 ha en 2022. 264 sapeurs-pompiers pris en charge par les services de santé, 220 000 personnes évacuées en Gironde et 40 000 dans les Landes, plus de 1 000 demandes d'activité partielle. L'État a reconnu un "sinistre de grande ampleur", ouvrant droit à des aides exceptionnelles. La forêt des Landes de Gascogne, plus vaste massif cultivé d'Europe occidentale, pose désormais une question inédite : replanter à l'identique ou diversifier les essences.

État des lieux officiel : le PNACC-3 (mars 2025) prépare la France à +4 °C en 2100 : 52 mesures, plus de 200 actions, 5 axes (protéger les personnes ; résilience des territoires, infrastructures et services essentiels ; adapter les activités humaines ; patrimoine naturel et culturel ; mobilisation nationale). Il rend progressivement obligatoires les études de vulnérabilité climatique (mesure 33 : grandes entreprises transport/énergie en 2025, tous les opérateurs d'importance vitale en 2026), protège les travailleurs face aux vagues de chaleur (mesure 11) et conditionne l'accès aux aides publiques (ADEME, France 2030, Bpifrance) à l'analyse des vulnérabilités (mesure 34).

Verdict du Haut Conseil pour le climat : «la France n'est pas encore prête à faire face aux impacts du changement climatique». Le HCC relève que les dommages s'aggravent «plus rapidement que les moyens mis en œuvre», juge les financements «très insuffisants» et rappelle que le Fonds vert a été réduit de 2,5 à 1,15 Md€ entre 2024 et 2025. Le fonds Barnier a été renforcé de 75 M€ (300 M€ au total).

La facture qui monte : depuis 2026, la sécheresse est devenue le premier poste d'indemnisation du régime CatNat, devant les inondations (bilan CCR du 23 juin 2026). Le retrait-gonflement des argiles représente ~70 % des indemnisations des cinq dernières années (~1,1 Md€/an) ; la sécheresse de 2022 a coûté à elle seule 3,5 Md€. La CCR projette une aggravation de +44 % à +162 % d'ici 2050, soit 43 Md€ cumulés sur 2020-2050 dont 17,2 Md€ directement imputables au réchauffement. La cartographie BRGM actualisée au 1er juillet 2026 expose 55 % du territoire à cet aléa.
Candidat Position sur l'adaptation / la résilience Mesure la plus concrète Angle mort Note
Le Pen / RN Sujet longtemps écarté ("l'élection portera sur l'immigration, la sécurité et le pouvoir d'achat") ; rattrapé par les mégafeux. Directeur de campagne Julien Sanchez : des "livrets" thématiques à venir Achat de Canadairs financé par une baisse de la contribution française à l'UE (proposition du député Thomas Ménagé) ; plan massif de climatisation annoncé en juin 2026 Aucune doctrine d'adaptation ; le moratoire ENR et le refus du Pacte vert aggravent l'exposition ; la baisse de la contribution UE contredit le cofinancement européen qui finance justement la flotte 🔴 Quasi absent
Retailleau / LR Entrée par la sécurité civile plutôt que par le climat : "face à l'urgence, il ne faut plus attendre" (communiqué du 24 juillet 2026) Exige la présentation "dans les prochaines semaines" de la loi issue du Beauvau de la sécurité civile et la modernisation des moyens des sapeurs-pompiers Rien sur l'adaptation hors secours : ni eau, ni littoral, ni bâti, ni assurabilité ; "écologie du progrès" centrée sur la technologie 🟡 Secours seulement
Lisnard / NE Approche par la commune : le maire comme premier échelon de gestion de crise et de prévention des risques Décentralisation et libre administration des collectivités — cohérent avec la territorialisation du PNACC-3, mais non chiffré pour l'adaptation Pas de plan national de résilience ; la rigueur budgétaire qu'il prône entre en tension avec le besoin d'investissement d'adaptation 🟡 Théorique
Philippe / Horizons Appelle à une "remise à plat de la stratégie de lutte contre les incendies" (fin juillet 2026), comme Retailleau Aucune mesure chiffrée publiée à ce jour — son entourage reconnaît qu'il n'y a "pas de bande passante pour des annonces importantes" et reporte à la rentrée Le candidat au programme le plus complet n'a rien publié sur l'adaptation : ni PNACC, ni CatNat, ni eau. Écart notable avec sa doctrine d'État 🟡 Annoncé, pas écrit
Attal / Renaissance Cadre la question comme l'une des "deux dettes" (publique et écologique) ; cap = accords de Paris Propose "qu'on invente le Canadair européen" (15 juillet 2026) au nom de la souveraineté, pour ne plus dépendre d'un monopole mondial ; revendique +288 M€ de sécurité civile, 2 Canadairs commandés (livraison 2028, 2 autres depuis) et 36 hélicoptères bombardiers d'eau Contradiction documentée : 52,8 M€ de crédits de sécurité civile annulés par décret le 21 février 2024 sous son gouvernement, faisant renoncer à deux Canadairs supplémentaires. Adaptation absente de ses quatre chantiers prioritaires 🟡 Bilan contesté
Glucksmann / PP Résilience abordée par l'angle européen et industriel plutôt que par la protection civile Les 100 Md€ pour les industries vertes financeraient indirectement réseaux, eau et rénovation — sans fléchage explicite vers l'adaptation Aucune proposition spécifique sur les feux, la sécheresse, le CatNat ou le littoral à ce stade 🟡 Indirect
Mélenchon / LFI Fait de la Gironde le révélateur de "l'ampleur des phénomènes auxquels il faut faire face dans cette époque climatique" : "la lutte doit être celle de toute la société et de l'État" Plan de "reconstruction générale" de la sécurité civile, 1 Md€ (rendu public le 27 juillet 2026) : banque nationale de surveillance médicale des sapeurs-pompiers, recrutement de 50 000 volontaires d'ici 2030, kits pour équiper l'A400-M en bombardier d'eau (objectif 6 appareils). Plus : "crime d'incendie volontaire écocidaire". Raille le "Canadair européen" d'Attal en rappelant le projet français en cours à Toulouse Le seul plan chiffré du champ, mais adossé à un cadre budgétaire global jugé intenable ; la sortie du nucléaire complique l'adaptation énergétique aux canicules 🟢 Le plus chiffré
Tondelier / Écolos Seule à traiter l'adaptation comme un sujet systémique : "on vit un été de bascule, un été inédit". A écourté son tour de France de campagne à cause des incendies Demande une réunion de crise à Matignon ou à l'Élysée avec chefs de partis et de groupes ; PPL "de modernisation de notre modèle de sécurité civile" déposée le 23 juillet par Sandra Regol, instaurant une trajectoire pluriannuelle d'investissement pour le renouvellement de la flotte aérienne ; réforme du modèle agricole (monoculture de résineux inflammables) et sortie des fossiles Programme le plus cohérent sur ce critère, mais non chiffré globalement — et une candidature à 2-5 % qui limite sa portée 🟢 Le plus systémique
Ruffin / Debout! Angle social et territorial : les catastrophes frappent d'abord les territoires et les métiers exposés Revalorisation des métiers de première ligne et des services publics de proximité — pompiers volontaires inclus dans sa logique de "France des oubliés" Aucun dispositif technique ni chiffrage sur la prévention des risques 🟡 Social, non technique
Ce que dit ce tableau : aucun candidat ne propose de politique d'adaptation complète. Le débat de l'été s'est concentré sur les Canadairs — la flotte compte 12 appareils dont 5 seulement réellement disponibles, complétés par 8 Dash, 3 Beechcraft et 36 hélicoptères ; le ministère a commandé 2 nouveaux appareils le 4 juin 2026 (~200 M€) avec un objectif de 16 Canadairs d'ici 2032 grâce à un cofinancement européen. Mais l'adaptation, c'est aussi l'eau, le bâti, le littoral, les réseaux, l'assurabilité et la santé au travail : sur ces cinq fronts, le champ politique est aujourd'hui presque muet. 🆕 Le processus s'accélère : par décrets du 12 août 2026, sept parlementaires (quatre députés, trois sénateurs) ont été missionnés par Sébastien Lecornu pour proposer de nouvelles dispositions au projet de loi sécurité civile, désormais étendu à la reconstruction après les feux de forêt. Le financement reste espéré au PLF 2027, débattu à partir d'octobre — première occasion de départager les candidats sur des votes plutôt que sur des communiqués. À noter : le PLF 2026 ne contenait aucune mesure fiscale réformant un modèle de financement de la sécurité civile unanimement jugé "à bout de souffle" (rapport sénatorial).

La course mondiale en IA, quantique, spatial et biotech redéfinit les puissances du XXIe siècle. La France dispose d'atouts (mathématiques, ingénierie, CNRS) mais risque de décrocher sans investissement massif. Voici comment chaque candidat traite ce défi existentiel.

CandidatIA & NumériqueRecherche & UniversitésSpatial & Défense techScore
Le PenPréférence nationale sur les commandes cloud/IT publiques ; favoriser acteurs français/européensPeu de vision sur le financement public de la rechercheNucléaire 4e génération, hydrogène🟡
RetailleauPeu développé — numérique via compétitivité et attractivitéExcellence éducative, mérite, grandes écolesDéfense forte ; capacité technologique nationale🟡
LisnardLibérer les startups et PME tech de la réglementation ; acteurs privésSuperpuissance éducative et scientifique — ambition forteSouveraineté numérique stricte🟢
PhilippeVision stratégique intégrale ; numérique comme enjeu de souveraineté50 lycées d'excellence dans les territoires ; classes prépa locales3% PIB défense ; tech militaire souveraine🟢
AttalIA intégrée dès le collège dans tous les programmes — central dans le programmeRéduction effectifs par classe ; brevet obligatoire lycéeRéarmement européen tech ; continuité Macron🟢
GlucksmannIndustries technologiques vertes ; hydrogène, VE — IA peu développéeUniversités renforcées ; recherche orientée transitionFonds défense européen 100 Md€ ; industrie armement commun🟢
MélenchonMéfiance vis-à-vis du privé tech ; services publics numériques ; logiciels libresInvestissement public fort ; contre la "marchandisation" de la rechercheNon-alignement ; ITER renforcé ; critique de l'OTAN tech🟡
TondelierTech au service de la transition écologique ; frugalité numériqueRecherche publique sur le vivant et le climatPeu développé🟡
RuffinCritique des GAFAM ; numérique peu centralÉcole publique renforcée dans les territoiresSouveraineté populaire🟡

Dans un monde post-Trump, post-Ukraine, face à la Chine et à la résurgence des puissances autoritaires, l'autonomie stratégique est redevenue un enjeu central. Elle couvre la défense, l'énergie, le numérique, l'alimentation et la santé.

Le Pen / RN
National seul
  • Souveraineté nationale stricte — scepticisme sur la défense européenne commune
  • Nucléaire de 4e génération ; hydrogène
  • Préférence nationale dans toutes les commandes stratégiques
  • Méfiance envers l'OTAN — liens avec mouvements souverainistes européens
Retailleau / LR
Défense forte
  • Défense nationale forte — gaullisme affiché
  • Soutien à l'Ukraine et à l'OTAN — contre l'appeasement
  • Souveraineté industrielle : secteurs stratégiques protégés
  • Indépendance énergétique par le nucléaire
Lisnard / NE
Souveraineté nationale
  • Favorable à un budget défense porté à 3% du PIB
  • Indépendance stratégique, énergétique, financière et numérique de la France
  • OTAN pragmatique ; réservé sur une armée européenne commune (souveraineté nationale)
  • BITD française et autonomie industrielle plutôt qu'intégration européenne poussée
Philippe / Horizons
3% PIB + Europe
  • Budget défense à 3% du PIB — le plus ambitieux du spectre centriste
  • Autonomie stratégique européenne comme complément de l'OTAN
  • Dissuasion nucléaire renforcée ; BITD (base industrielle et technologique de défense)
  • Indépendance énergétique : nucléaire + ENR pour sortir des fossiles russes
Attal / Renaissance
Réarmement européen
  • Favorable au relèvement du budget défense vers 3% du PIB
  • Soutien fort à l'Ukraine ; ligne pro-OTAN et pro-réarmement européen
  • Favorable à une armée européenne commune et à l'intégration industrielle de défense
  • Continuité macroniste sur l'autonomie stratégique européenne
Glucksmann / PP
Europe puissante
  • Fonds européen défense 100 Md€ financé par emprunt commun
  • Soutien fort et inconditionnel à l'Ukraine
  • Industrie d'armement européenne coordonnée
  • Autonomie énergétique : sortie des fossiles + prix maîtrisés
Mélenchon / LFI
Non-alignement
  • Diplomatie non-alignée — ni OTAN, ni Russie, ni Chine
  • Dissuasion nucléaire maintenue mais critique de l'OTAN
  • Souveraineté alimentaire : sortie des dépendances agro-industrielles
  • Souveraineté numérique : logiciels libres, cloud souverain public
Tondelier / Écolos
Défense européenne
  • Solidarité avec l'Ukraine ; défense pensée à l'échelle européenne
  • Opposée au relèvement à 3% du PIB — priorité aux dépenses sociales et écologiques
  • Souveraineté alimentaire et énergétique par la transition
  • Réservée sur le nucléaire militaire ; favorable à une diplomatie de désescalade
Ruffin / Debout!
Souveraineté populaire
  • Souveraineté industrielle et alimentaire au service des territoires
  • Solidarité avec l'Ukraine mais méfiance envers l'OTAN et les livraisons d'armes
  • Opposé au relèvement à 3% du PIB ; priorité au social
  • "Paix juste" non alignée ; relocalisation des industries stratégiques

La question européenne est peut-être le clivage le plus structurant de 2027 : d'une Europe fédérale renforcée à une Europe des nations souveraines, en passant par la "désobéissance" ou le réformisme pragmatique.

CandidatVisionPositions clésUkraine & DéfenseLigne
Le PenEurope des nations«Récupérer les souverainetés essentielles» sans Frexit ; rabais contribution française (~2 Md€) ; primauté droit français si nécessaire par référendumAmbigu — soutien limité à l'Ukraine🔴 Souverainiste
RetailleauRéformer de l'intérieurCritique des excès technocratiques ; ligne EPP ; réforme des règles migratoires européennes ; fermeté sur frontières SchengenPro-OTAN, soutien à l'Ukraine🟡 Souverainiste modéré
LisnardSubsidiarité stricteRefus de «l'entrelacement technocratique» ; coopérations concrètes sans super-État ; marché unique oui, régulation excessive nonPro-souveraineté nationale, OTAN pragmatique🟡 Liberal-souverainiste
PhilippePro-européen pragmatiqueEurope puissante sur la scène mondiale ; autonomie stratégique européenne de défense ; réforme des institutions sans ruptureSoutien fort à l'Ukraine ; 3% PIB défense🟢 Pro-EU équilibré
AttalFédéralisme modéréContinuation de la ligne Macron «Besoin d'Europe» ; candidature unique du bloc central pro-UE ; intégration défense et industrie. 🆕 Août 2026 : mise en œuvre rapide du pacte asile et migration, renforcement de Frontex, réforme des règles de Schengen (droit de refoulement aux frontières, fin des régularisations massives unilatérales)Très pro-Ukraine ; réarmement européen🟢 Fédéraliste
GlucksmannFédéralisme fortEurope souveraine et puissante ; emprunt commun défense ; suppression du droit de veto au Conseil (livre, mai 2026) ; réforme institutionnelle ambitieuseSoutien inconditionnel à l'Ukraine ; fonds 100 Md€🟢 Fédéraliste
MélenchonDésobéissance«Désobéissance européenne» : appliquer le programme même si ça viole les traités ; négocier en position de force ; ni Frexit ni fédéralismeAmbigu sur l'Ukraine ; critique de l'OTAN🟡 Souverainiste de gauche
TondelierEurope verte & socialeRenforcement du Pacte vert ; taxation carbone aux frontières ; politique climatique commune ambitieusePro-Ukraine ; solidarité européenne🟢 Pro-EU écolo
RuffinRéformer à réformerEurope trop libérale à réorienter vers le social et la protection ; critique des règles de concurrenceSolidarité Ukraine mais méfiance OTAN🟡 Réformiste

La France porte un déficit structurel de 90–100 Md€/an et une dette de 3 536,1 Md€, soit 117,5% du PIB (Insee, T1 2026, +75,6 Md€ depuis fin 2025). Le taux à 10 ans a atteint 4,11-4,14% en août 2026, au plus haut depuis la crise de 2008, alors que l'État doit lever 310 Md€ cette année. La crédibilité budgétaire est le vrai test de cohérence. Peu de candidats y répondent sérieusement.

Le Pen / RN
Très risqué
  • Sources annoncées : économies sur l'immigration, lutte fraude fiscale (80–100 Md€ selon RN), rabais UE
  • Dépenses nouvelles : baisse TVA énergie, retraites anticipées, préférence nationale → coût réel non chiffré
  • Maintien dans la zone euro mais demande de révision des règles de Maastricht
  • Résultat probable : aggravation du déficit selon tous les instituts indépendants
Retailleau / LR
Rupture Fillon
  • Objectif ~80 Md€ de baisse des dépenses publiques, sans hausse d'impôts (entretien Figaro, mars 2026)
  • Programme "grandes lignes" du 7 janvier 2026 : cible ~30 Md€ (15 pouvoir d'achat + 15 compétitivité)
  • "Compte social unique" plafonnant les aides à 70% du SMIC ; RSA conditionné à 15h ; fin des 35h
  • Simulation France Budget : déficit ~3,9% et dette ~127% du PIB en 2030 — programme non entièrement chiffré
Lisnard / NE
Le plus sérieux
  • Seul candidat avec un plan structuré de baisse des dépenses publiques (travail avec Hervé Novelli)
  • État recentré sur ses missions régaliennes — économies structurelles
  • Refus des dépenses clientélistes non financées
  • Objectif de retour à l'équilibre par la croissance et la dépense, pas par les impôts
Philippe / Horizons
Crédible
  • Règle d'or budgétaire constitutionnelle soumise à référendum
  • Baisses de charges ciblées financées par réduction des dépenses sociales
  • Refus de l'austérité brutale mais insistance sur la crédibilité
  • Réformes par ordonnances pour aller vite sans blocage parlementaire
Attal / Renaissance
Incomplet
  • Économies sur les dépenses sociales pour financer le «droit au brut»
  • Réforme assurance chômage comme source d'économies
  • 🆕 Août 2026 : règle d'or budgétaire inscrite dans la Constitution ; refus de toute hausse d'impôts (prélèvements déjà les plus élevés de l'OCDE) ; "deux tiers des dépenses publiques sont sociales, donc deux tiers de l'effort doit y porter"
  • 🆕 100 000 départs volontaires de fonctionnaires avec prime (État + collectivités) ; réduction du Parlement à 350 députés / 200 sénateurs (budget parlementaire de 900 M€/an, économies "de plusieurs centaines de millions")
  • Toujours pas de chiffrage global consolidé — ordre de grandeur des économies annoncées très inférieur au déficit structurel
  • Ligne macroniste : compétitivité + réduction dépenses publiques progressives
Glucksmann / PP
Financement flou
  • 100 Md€ sur 10 ans → 10 Md€/an d'investissement supplémentaire
  • Financement par emprunt européen + fiscalité des plus riches
  • Critique : risque d'augmentation du déficit si croissance insuffisante
  • Plus modéré que LFI sur la rupture fiscale
Mélenchon / LFI
Rupture risquée
  • Taxation ultra-riches, superprofits, dividendes → recettes surestimées
  • Lutte contre l'évasion fiscale : 80 Md€ revendiqués — chiffre contesté
  • Désobéissance aux règles du Pacte de stabilité européen
  • Institut Montaigne : risque fort d'augmentation des déficits et fuite des capitaux
Tondelier / Écolos
Trajectoire chiffrée
  • "Plan de sortie de crise" : déficit ramené à 3,7% du PIB en 2030 (étape à 5,2% en 2026)
  • Financement par hausse des recettes fiscales (+28,5 Md€ en 2026) et baisse des dépenses (−16,6 Md€)
  • Recettes : ISF climatique, suppression de niches fiscales anti-écologiques, taxe Zucman
  • Approche : trajectoire plus chiffrée que LFI, mais reposant sur des recettes contestées
Ruffin / Debout!
Redistribution forte
  • Réforme du CIR et des aides aux grandes entreprises ; taxe Zucman sur les grandes fortunes
  • ISF renforcé sur les actifs financiers ; tranche d'IR à 90% au-delà de 400 000€
  • 🆕 Annulation / gel d'une partie de la dette (relancé le 23 août 2026) : la BCE devrait "mettre au congélateur les dettes des États en commençant par celles de la période Covid" ; cible les ~18-20% de dette publique détenus par la Banque de France. Déclaration d'intention, pas mesure chiffrée — jugée contraire aux traités européens (Xavier Ragot, IFE) et rejetée de Lecornu à Bardella ; soutenue par le banquier d'affaires Matthieu Pigasse aux universités d'été de LFI
  • Interdiction des licenciements boursiers ; redistribution accrue
  • Pas de programme global chiffré à ce stade — financement par les recettes fiscales sur le capital
🌡️ La dette climatique cachée : ce que coûte l'inadaptation
Un passif que personne ne chiffre dans son programme. Au-delà du déficit structurel de 90-100 Md€/an, la France porte un engagement implicite croissant : l'indemnisation des catastrophes climatiques et le rattrapage d'adaptation.

· Régime CatNat sous tension — depuis 2026, la sécheresse (retrait-gonflement des argiles) est le premier poste d'indemnisation, devant les inondations. Le RGA pèse ~70 % des indemnisations des cinq dernières années, soit ~1,1 Md€/an ; la seule sécheresse de 2022 a coûté 3,5 Md€. La CCR réassure le régime à hauteur de 50 %, avec la garantie de l'État en dernier ressort.
· Projection — sinistralité RGA en hausse de +44 % à +162 % d'ici 2050 ; facture cumulée 2020-2050 estimée à 43 Md€, dont 17,2 Md€ directement imputables au réchauffement. 12 millions de maisons exposées, 55 % du territoire concerné (cartographie BRGM au 1er juillet 2026). La surprime CatNat a déjà été relevée pour ramener le régime à l'équilibre.
· Assurabilité — l'Observatoire de l'assurabilité (État + CCR, juin 2026) constate que 97,7 % des ~35 000 communes conservent un accès sans difficulté à l'assurance habitation : le point de rupture n'est pas atteint, mais la trajectoire l'approche. La Cour des comptes a consacré un rapport au sujet en avril 2026.
· Financement de l'adaptation — le Haut Conseil pour le climat juge les moyens du PNACC-3 "très insuffisants" et pointe la réduction du Fonds vert de 2,5 à 1,15 Md€ entre 2024 et 2025 ; le fonds Barnier a été porté à 300 M€. Le HCC recommande un plan de financement complet État/collectivités/privé et une redéfinition de l'équilibre entre assurance publique et privée.

Lecture pour ce comparatif : aucun des neuf candidats n'intègre ce passif dans son chiffrage. Les programmes les plus rigoureux budgétairement (Lisnard, Retailleau, Philippe, Attal) proposent des baisses de dépenses sans provisionner le coût croissant des catastrophes ; les programmes de gauche prévoient des dépenses d'adaptation (plan sécurité civile à 1 Md€ chez LFI) sans cadre budgétaire soutenable. C'est le trou noir commun de tous les programmes.

Synthèse consolidée sur les 11 critères analysés : vie quotidienne, emploi, sécurité sociale, fiscalité, sécurité, réindustrialisation, climat, science & IA, autonomie stratégique, Europe, maîtrise budgétaire — enrichis depuis août 2026 d'un axe transversal résilience aux catastrophes climatiques (onglets Climat, Sécurité, Budget, Vie quotidienne et Réindustrialisation). Mise à jour : 26 août 2026.

📈 Ce qui a changé depuis le 2 août 2026 : · 🚨 SÉISME DE RENTRÉE : MÉLENCHON DÉPASSE PHILIPPE — première enquête nationale depuis la mi-juillet (Harris Interactive-Toluna pour M6/RTL, terrain 18-19 août, n=1764, 5 configurations). Mélenchon bondit à 16-17% (contre 12% en avril chez le même institut) et se qualifierait pour le 2nd tour dans 3 configurations sur 5, faisant jeu égal avec Philippe dans une quatrième. C'est la première fois depuis le début de ce comparatif que le maire du Havre n'est plus le dauphin naturel.
· 📉 LE RESSERREMENT DU 2ND TOUR S'INVERSE — après 54/46 (IFOP), 52/48 (Elabe) puis 51/49 (Harris juillet), Le Pen ré-élargit l'écart à 55/45 face à Philippe chez ce même institut. Elle l'emporte aussi 57/43 face à Attal et 68/32 face à Mélenchon. La séquence de juillet, qui laissait espérer un match nul, était donc un pic et non une tendance.
· 🌹 GLUCKSMANN CANDIDAT (23 août, TF1) — il annonce sa candidature et sa participation à la primaire. Le 25 août, le conseil national du PS ratifie l'accord avec Place publique (159 voix pour, 32 contre, 21 abstentions), l'Assemblée politique nationale de Place publique à l'unanimité. Scrutin électronique uninominal à deux tours les 9-10 et 16-17 octobre, candidatures du 1er au 15 septembre, parrainages requis. Quatre déclarés : Glucksmann (grand favori), Brun, Guedj, Royal — Faure n'a toujours pas franchi le pas.
· 💣 MÉLENCHON RELANCE L'ANNULATION DE LA DETTE — il propose que la BCE "mette au congélateur les dettes des États en commençant par celles de la période Covid", visant les ~18-20% de dette détenus par la Banque de France. Tollé général : Lecornu ("détruirait l'actif le plus important de notre pays, la confiance"), Lescure ("mettre en danger la signature de la France"), Attal ("délirant"), Bardella. Obstacle juridique relevé par Xavier Ragot (IFE) : contraire aux traités européens. Contexte tendu — dette à 3 536,1 Md€ soit 117,5% du PIB (Insee, T1 2026) et taux à 10 ans à 4,11%, au plus haut depuis 2008.
· 🎤 PREMIER DÉBAT DE LA CAMPAGNE, DEMAIN — le 27 août à Roland-Garros, en clôture de la REF du Medef, sept candidats débattent sur le court Philippe-Chatrier : Le Pen, Philippe, Attal, Retailleau, Mélenchon, Glucksmann, Tondelier. Format inédit — cinq chefs d'entreprise les interrogent à partir d'une consultation OpinionWay auprès de 66 000 dirigeants. Plus de 650 journalistes accrédités, inscriptions doublées vs 2025.
· 🌿 LA GAUCHE S'ENLISE — journées d'été des Écologistes à Grenoble (20-22 août) : Tondelier maintient sa candidature mais se dit "prête à rediscuter avec tout le monde", plaidant que "le sujet ce n'est pas qui va se mettre derrière qui". Son parti reste divisé entre autonomie, ralliement à Mélenchon et ralliement à Glucksmann ; Jadot appelle à refonder la gauche autour de la social-écologie, Bompard (LFI) juge que sa candidature nuit à Mélenchon. Université d'été du PCF à Toulouse (21-23 août) : Roussel appelle à "se débarrasser" de la politique Macron, officialisation attendue le 6 septembre.
· 🔥 BILAN DÉFINITIF DES FEUX — le feu de Gironde, maîtrisé le 5 août, a parcouru 42 000 hectares : le plus vaste incendie de forêt en France depuis 1949. Au 6 août, l'année 2026 bat le record absolu avec plus de 300 incendies et ~93 000 hectares (EFFIS), contre 66 307 ha en 2022. 264 sapeurs-pompiers pris en charge, 220 000 évacués en Gironde et 40 000 dans les Landes. L'État a reconnu un "sinistre de grande ampleur" ; Lecornu s'est rendu sur place le 17 août. Par décrets du 12 août, sept parlementaires (4 députés, 3 sénateurs) sont missionnés sur le projet de loi sécurité civile, désormais étendu à la reconstruction après les feux.
· ⚠️ Prudence : à ~8 mois du 1er tour, ces chiffres restent des photographies, pas des prévisions. L'aller-retour du duel Philippe (49% en juillet, 45% en août chez le même institut) en est l'illustration parfaite.
📊 Dernier sondage 1er tour (IFOP, 25 juin 2026) : Le Pen 35-38% · Mélenchon 16-17% · Philippe 14-19% · Attal 8-15% · Glucksmann 10-11% · Retailleau 6-9% · Ruffin 6% · Zemmour 3-4% · Tondelier 3-4%.
Harris Interactive-Toluna pour M6/RTL — terrain 18-19 août 2026, n=1764, 5 configurations. Première vague depuis la mi-juillet. Mélenchon passe devant Philippe dans la plupart des configurations et se qualifierait pour le 2nd tour dans 3 cas sur 5. Hollande, quand il est testé, pèse 8%. Ruffin et Lisnard n'ont pas été testés (valeurs de juillet conservées).
Second tour : Le Pen l'emporte partout, et l'écart se ré-élargit — 55/45 face à Philippe (contre 51/49 chez le même institut en juillet), 57/43 face à Attal, 68/32 face à Mélenchon.
Lecture : la dynamique de juillet s'est retournée deux fois. Mélenchon devient le dauphin le plus probable, mais c'est précisément le scénario le plus favorable au RN (68/32). Philippe garde l'avantage si Attal renonce — la constante des 14% en cas de double candidature est désormais vérifiée par trois vagues successives. ⚠️ Les sondages à ~8 mois ne se vérifient qu'une fois sur deux (en 2022, LFI donné à 9% a fait 22%).
🗓️ Calendrier & échéances à surveiller : · 27 août 2026 🎤 (imminent) : premier débat de la campagne à Roland-Garros, en clôture de la REF du Medef — sept candidats (Le Pen, Philippe, Attal, Retailleau, Mélenchon, Glucksmann, Tondelier) interrogés par cinq chefs d'entreprise sur la base d'une consultation OpinionWay auprès de 66 000 dirigeants. · 28-29 août 2026 : journées d'été du PS à Blois — stabilisation des règles et du périmètre de la primaire. · 28 août - 2 septembre 2026 : foire de Châlons-en-Champagne, défilé des candidats (Retailleau le 28, Bardella le 29, Attal le 30, Philippe le 31, Bertrand le 1er, Dupont-Aignan le 2). · 29-30 août 2026 : université d'été du Laboratoire de la République à Sens (Cazeneuve, Lecornu, débat Philippe / Hollande annoncé) ; rentrée de Darmanin à Tourcoing le 30. · 1er-15 septembre 2026 : dépôt des candidatures à la primaire socialiste et démocratique (parrainages requis) — Faure toujours indécis. · 6 septembre 2026 : officialisation attendue de la candidature Roussel (vote des militants PCF). · 11-13 septembre 2026 : Fête de l'Humanité au Plessis-Pâté. · 12 septembre : Jeunes Républicains à Nogent-sur-Marne avec Retailleau. · 18-20 septembre : université de rentrée du MoDem dans le Vaucluse. · 27 septembre 2026 : élections sénatoriales (recomposition des forces). · 9-10 et 16-17 octobre 2026 : les deux tours de la primaire de la gauche socialiste et démocratique (scrutin électronique uninominal, accord PS-Place publique ratifié le 25 août) — Glucksmann grand favori face à Brun, Guedj et Royal. La primaire unitaire de toute la gauche reste enterrée. · 9 sept. → 5 oct. 2026 : procès en appel de François Bayrou (assistants MoDem). Il avait été relaxé au bénéfice du doute le 5 février 2024 ; c'est le parquet qui a fait appel. Présomption d'innocence pleine et entière. · Début 2027 : mesure des dynamiques par sondages au sein du "comité de liaison" Philippe-Attal — Attal propose un vote de départage en cas d'égalité, idée refusée à ce stade par Horizons. · ≤ début avril 2027 ⚖️ : la Cour de cassation doit statuer sur le pourvoi de Marine Le Pen. Elle a indiqué le 8 juillet 2026 qu'elle pourrait se prononcer au plus tard début avril 2027, soit après l'arrêt de la liste des candidats par le Conseil constitutionnel. Le procureur général près la Cour de cassation, Rémy Heitz, a déclaré le 9 juillet que la Cour ferait le nécessaire pour trancher avant le scrutin. Une décision défavorable à quelques semaines du vote reste l'aléa majeur du RN. · 18 avril & 2 mai 2027 : premier et second tours de l'élection présidentielle.
Le vrai enjeu La course à la 2e place : qui affrontera Le Pen ?
Le Pen (35-38%) étant quasi-assurée d'être au 2nd tour, la question décisive est : qui se qualifie face à elle ? Renversement de rentrée : la vague Harris du 18-19 août place Mélenchon devant Philippe dans la plupart des configurations. Et le resserrement du 2nd tour s'est inversé — Le Pen repasse à 55/45 face à Philippe (contre 51/49 en juillet chez le même institut). Le verrou du second tour s'est refermé.
Jean-Luc Mélenchon 16-17% — nouveau favori pour la 2e place
Le fait politique de la rentrée : crédité de 12% en avril par Harris, il atteint 16-17% en août et se qualifierait dans 3 configurations sur 5, dépassant ou égalant Philippe dans quatre. Il capitalise sur l'implosion de la primaire unitaire, les ralliements (NPA, "Verts populaires") et une offensive de crédibilité économique (dîner France Industrie, débat Medef du 27 août).
⚠️ Sa qualification est le scénario rêvé du RN : il perdrait 68/32, le pire score de tous les qualifiables. Et sa proposition d'annulation de la dette, relancée le 23 août, lui vaut un front du refus allant de Lecornu à Bardella.
Édouard Philippe 14-19% — dauphin détrôné
Reste devant Mélenchon dans les configurations où Attal est absent (17-19%), mais retombe à 14% dès qu'Attal se maintient — constante désormais vérifiée par trois vagues successives (Elabe, Harris juillet, Harris août). Il conserve le meilleur duel de tous les candidats face à Le Pen, mais celui-ci s'est ré-élargi : 45/55 en août contre 49/51 en juillet.
⚠️ Information judiciaire ouverte le 7 mai 2026 (faits contestés, pas de mise en examen), étiquette macroniste (64% le jugent mal placé pour incarner la rupture), déficit de "désirabilité" reconnu par son propre camp, et des annonces toujours repoussées — attendues à la rentrée.
Raphaël Glucksmann 10-11% — enfin candidat
Candidature annoncée le 23 août sur TF1, avec participation à la primaire dont il est le grand favori (accord PS-Place publique ratifié le 25 août, scrutin les 9-10 et 16-17 octobre). Il reste distancé par Mélenchon, mais l'investiture d'octobre lui donnerait l'appareil socialiste et un socle que les sondages ne mesurent pas encore.
⚠️ Le vainqueur devra ensuite convaincre écologistes et communistes — et son duel simulé (41,5/58,5) reste perdant, même s'il est le meilleur de la gauche.
Le risque pour le bloc central, désormais chiffré par trois vagues successives : ensemble, Philippe tombe à 14% et Attal à 8% (Elabe juillet, Harris juillet, Harris août — même résultat) ; chacun seul, ils valent 17-19% et 14-15%. Avec la montée de Mélenchon, la double candidature ne coûte plus seulement des points : elle offre mécaniquement la 2e place à LFI. La coexistence coûte 5 à 8 points — de quoi transformer une qualification confortable en élimination au 1er tour, au profit d'un duel Le Pen–Mélenchon (67-70 / 30-33). Le "comité de liaison" reste l'assurance-vie du bloc, mais son mécanisme est contesté : Attal veut un vote de départage en cas d'égalité en janvier 2027, "idée qui ne semble pas partagée par Édouard Philippe et Horizons" (JDD, 1er août). Troisième larron possible : une majorité de sympathisants Renaissance préférerait voir Lecornu porter le bloc central (Odoxa-Backbone, 16 juillet).
Faites défiler le tableau horizontalement — la colonne des critères et la ligne des candidats restent visibles.
Critère RN Le Pen LR Retailleau NE Lisnard Horizons Philippe Renais. Attal PP Glucksmann LFI Mélenchon Écolos Tondelier Debout Ruffin
Vie quotidienne TVA énergie ↓, retraites 60 ans carrières longues, préférence nationale logement
🟡 À court terme
13e mois, sortie 35h, ordre public
🟡 Partiel
Dérégulation, mérite, liberté individuelle
🟡 Libéral
Bouclier charges 2,5 SMIC, IR CM simplifié, 50 lycées d'excellence
🟢 Équilibré
"Droit au brut", IA à l'école, frontières travail
🟡 Incomplet
Emplois verts, électricité prix coût réel, déserts médicaux
🟡 Social-vert
SMIC 1 600€, prix bloqués, école gratuite, logements rénovés
🟡 Rupture
Bouclier transport/logement/alim., santé environnementale
🟡 Social-écolo
Territoires, métiers du soin revalorisés, alimentation locale
🟡 Social-ouvrier
Emploi & Travail Exo heures sup', annul. réforme chômage, 200k emplois industriels, apprentissage
🟡 Ambigu
Sortie 35h, CDI facilité, conditionnalité chômage renforcée
🟡 Flexibilité
Liberté totale négociation, entrepreneuriat simplifié
🟡 Libéral radical
Flexisécurité, refonte minimas anti-trappes, heures sup' défiscalisées, plein emploi via l'offre
🟢 Réformiste
Réforme assur. chômage, "droit au brut", préférence travail immigration
🟡 Macroniste
100 Md€ emplois verts qualifiés, reconversion fossile→vert
🟡 Vert
32h, SMIC 1 600€, garantie emploi, abrogation réforme chômage, partage valeur ajoutée
🟡 Rupture
200k emplois publics verts, 4 jours/semaine, revalorisation soignants/enseignants
🟡 Public-vert
Métiers du bas revalorisés, commandes locales, bassins sinistrés
🟡 Territorial
Sécu sociale Retraite 60 ans carrières longues (15 Md€/an), soignants annoncés, prêt 0% famille
🟡 Coûteux
Maintien 64 ans probable, réforme offre soins, politique familiale annoncée
🟡 Classique
Capitalisation partielle retraites, marché santé, 5e branche allégée
🟡 Libéral
5e branche autonomie ★, recrutement soignants massif, réforme retraites par référendum, minima indexés inflation
🟢 Structuré
Pas de retour à 64 ans, IA diagnostic, petites pensions améliorées
🟡 Continuité
Hôpital renforcé, déserts médicaux, logement social, pensions basses rehaussées
🟡 Social-dem.
Retraite 60 ans, hôpital public reconstruit, école gratuite totale, 700k logements rénovés/an
🟡 Rupture
Prévention santé environ., rénovation thermique précaires, EHPAD public
🟡 Écolo-social
Hôpital rural, retraite 60/62 ans, logement besoin fondamental, aides domicile
🟡 Social-pop.
Fiscalité TVA énergie 5,5%, IFF >5M€, exo IR <30 ans, maintien flat tax, ↓ CVAE/C3S
🟡 Populiste
↓ IR, flat tax maintenue, ↓ IS, pas d'ISF, suppression niches inefficaces
🟡 Libéral class.
IR simplifié et allégé, ↓ IS forte, flat tax maintenue, 0 ISF, réduction radicale niches
🟢 Libéral structuré
Taux unique IR classes moyennes, bouclier charges, ↓ impôts production, flat tax maintenue, règle d'or constitutionnelle
🟢 Crédible
Via salaire net (pas IR), flat tax maintenue, IS stable
🟡 Macroniste
ISF élargi, ↑ flat tax→progressif, IR plus progressif, ↓ niches anti-écolo
🟡 Redistrib. modérée
ISF renforcé, taxe Zucman 2%, suppression flat tax, 14 tranches IR, TVA 1re nécessité ↓, héritage max 12M€
🔴 Révolution fiscale
ISF vert, suppression flat tax, IR individualisé, fiscalité carbone renforcée
🟡 Vert-redistrib.
ISF retour, suppression flat tax, taxation superprofits, TVA quotidien ↓
🟡 Redistribution pop.
Réindustrialisation Protectionnisme, droits de douane, exo fiscales usines relocalisées — non chiffré
🟡 Flou
Compétitivité, dénormes, attractivité investisseurs
🟡 Partiel
Plan souveraineté économique + débureaucratisation totale
🟢 Structuré
100 000 emplois / 5 ans, aides conditionnées prod. en France, ↓ impôts production
🟢 Chiffré
Héritage France 2030, IA comme levier, attractivité territoires
🟡 Incomplet
100 Md€ / 10 ans industries vertes, réduction dépendance Chine
🟡 Financement flou
Planification étatique, pôles publics, désobéissance règles UE concurrence
🟡 Anti-marché
Via transition thermique et rénovation
🟡 Partiel
Bassins sinistrés, commandes locales, filières stratégiques
🟡 Territorial
Climat Moratoire ENR ★, soutien nucléaire, anti-Pacte vert, maintien thermique 2035
🔴 Risqué
Écologie du progrès, nucléaire, critique normes UE, pesticides assouplis
🟡 Modéré
Réaliste non-punitive, nucléaire + ENR sans dogme, marché et innovation
🟡 Pragmatique
Nucléaire + ENR équilibré, objectifs Paris tenus, rénovation thermique levier industriel
🟢 Équilibré
Nucléaire + ENR, héritage Macron, accord Paris
🟢 Pro-accord Paris
Nucléaire maintenu + grand plan ENR, prix électricité coût production, ↓ fossiles
🟢 Ambitieux
100% ENR, sortie nucléaire 2050, rénovation 700k/an, bio 30%, ferroviaire massif
🟡 Radical
Priorité absolue, transition juste, santé environnementale
🟢 Leader
Écologie du travail, circuits courts, souveraineté alimentaire
🟡 Partiel
Science & IA Préférence nationale commandes IT/cloud, nucléaire 4e gen.
🟡 Limité
Excellence éducative, mérite, grandes écoles
🟡 Classique
Superpuissance scientifique et éducative, libérer les startups tech
🟢 Ambitieux
Vision stratégique globale, 50 lycées excellence, numérique souveraineté
🟢 Structuré
IA centrale dans les programmes scolaires, tech France pays d'avenir
🟢 Fort
Industries tech vertes, H2, VE — IA moins central
🟡 Orienté vert
R&D publique, logiciels libres, méfiance GAFAM, cloud public
🟡 Public
Recherche publique vivant/climat, frugalité numérique
🟡 Partiel
École publique territoires, critique GAFAM
🟡 Faible
Autonomie stratégique Souveraineté nationale seule, nucléaire 4e gen., préférence nationale commandes
🟡 National seul
Défense forte, gaulliste, soutien Ukraine/OTAN, souveraineté industrielle
🟢 Solide
Indépendance stricte, souveraineté énergétique/numérique/financière
🟡 Strict
3% PIB défense ★, autonomie stratégique franco-européenne, BITD, indépendance énergétique
🟢 Leader
Réarmement européen, pro-OTAN/Ukraine, IA souveraineté
🟢 Solide
Fonds défense européen 100 Md€, soutien Ukraine inconditionnel, ↓ fossiles russes
🟢 Fort
Non-alignement, critique OTAN, dissuasion maintenue, souveraineté numérique pub.
🟡 Non-aligné
Europe climatique, solidarité Ukraine, souveraineté alimentaire
🟡 Partiel
Souveraineté populaire, circuits courts, territoires
🟡 Faible
Vision Europe Europe des nations, «récupérer souverainetés», rabais contrib. 2 Md€, primauté droit fr. par référendum
🔴 Souverainiste dur
Réformer de l'intérieur, ligne EPP, fermeté migration, pas de rupture
🟡 Souverainiste modéré
Subsidiarité stricte, coopérations concrètes, refus super-État, marché unique sans sur-normes
🟡 Libéral-souverain
Pro-EU pragmatique, Europe puissante mondial, autonomie stratégique européenne, réforme sans rupture
🟢 Pro-EU équilibré
Fédéralisme modéré, continuité «Besoin d'Europe», défense + industrie intégrées
🟢 Fédéraliste
Fédéralisme fort, Europe souveraine et puissante, emprunt commun, accélération intégration
🟢 Fédéraliste fort
«Désobéissance européenne», ni Frexit ni fédéralisme, négociation en force, critique OTAN
🟡 Souverainiste gauche
Europe verte et sociale, Pacte vert renforcé, taxe carbone frontières
🟢 Pro-EU écolo
Europe trop libérale à réorienter vers le social, méfiance règles concurrence
🟡 Réformiste
Sécurité +10k policiers, peines planchers, majorité pénale 16 ans, immigration zéro familiale
🔴 Très répressif
État d'urgence zones difficiles, révolution pénale (référendum), fin regroupement familial
🔴 Le plus radical
Régalien strict, immigration conditionnée, peines réelles
🟡 Régalien
200 brigades gendarmerie, +8 500 justice, 0 zone blanche, immigration travail acceptée
🟢 Ferme structuré
Continuité Macron, +8 500 justice, préférence travail frontières
🟡 Continuité
Sécurité axe majeur gauche (Glucksmann), convention citoyenne immigration, police renforcée
🟢 Nouveau
Refondation police républicaine, ↓ incarcération, régularisation travailleurs
🟡 Refondation
Police proximité, justice réparatrice, réfugiés climatiques
🟡 Social-préventif
Proximité, prévention sociale, pragmatique immigration
🟡 Prévention
Budget Promesses 30+ Md€ non financées, rabais UE incertain, déficit aggravé probable
🔴 Très risqué
Droite classique, peu chiffré, entre 9 et 13% dans les sondages
🟡 Incomplet
Plan sérieux baisse dépenses publiques (Novelli), État régalien seul, 0 promesse non financée
🟢 Le plus sérieux
Règle d'or constit. référendum ★, réforme par ordonnances, baisse fonctionnaires ciblée, déficit <3% PIB visé 2030
🟢 Crédible
Économies dépenses sociales pour financer net, programme en construction
🟡 Partiel
100 Md€ financement flou, ISF + emprunt européen, plus modéré que LFI
🟡 Incertain
Taxation riches surestimée, désobéissance pacte stabilité, déficits aggravés probables (Institut Montaigne)
🔴 Rupture risquée
Peu chiffré, financement par fiscalité verte et ISF
🔴 Non chiffré
Peu chiffré, redistribution via taxation superprofits
🔴 Non chiffré
Sondage 1er tourIFOP, 25 juin 2026 35-38% 6-9% ~2% 14-19% ⚖️ 8-15% 10-11% 16-17% 3-4% 6%
Autres prétendants Prétendants / non retenus dans le comparatif : Bardella (n°2 du "ticket" RN, ne concourt pas) · Lecornu — le Premier ministre devance Attal et Philippe auprès des sympathisants Renaissance (Odoxa-Backbone, 16 juil.), recours possible du bloc central · Hollande 8-9% quand testé (Elabe) · Royal, Guedj, Brun, peut-être Faure (primaire PS d'octobre) · Bertrand ~5,5% · Wauquiez ~5,3% · Villepin 2,5-3,5% · Roussel 2-2,5% (officialisation le 6 sept.) · Bayrou ~3% (appel à l'automne) · Dupont-Aignan 1,5-2% · Autain (retirée "au profit du mieux placé") · Darmanin, Barnier : fédérateurs possibles. Elabe 9-10 juil., Harris 9 juil. & moyennes EPOC.
Verdict global par candidat
Le Pen / RN — 35-38%
Points forts : Pouvoir d'achat immédiat (TVA énergie, retraites 60 ans carrières longues), sécurité, ordre, préférence nationale. Effet déclaration puissant (+4 pts en 48h) : elle récupère intégralement l'électorat testé sur Bardella, y compris ses points forts (jeunes, cadres, ex-Pécresse/Zemmour). Gagnerait tous les 2nds tours testés, et l'écart se ré-élargit : après un creux à 51/49 en juillet, elle repasse à 55/45 face à Philippe (Harris, 18-19 août), 57/43 face à Attal, 68/32 face à Mélenchon. Face aux autres (juillet) : 56/44 Retailleau, 58,5/41,5 Glucksmann. Elle progresse aussi au 1er tour, à 35-38%. Campagne lancée tambour battant : La Flèche le 8, Nice le 14 juillet avec Éric Ciotti ; image à 44% de bonnes opinions (+2, Odoxa). 🆕 Victoire judiciaire : le tribunal a validé le 30 juillet son slogan "Pour la France, la Renaissance" et condamné le parti d'Attal à lui verser 5 000 €.

Points faibles : Budget très risqué (30+ Md€ non financés), moratoire ENR paradoxal pour la souveraineté, Europe conflictuelle, zéro vision sur la science/IA. Aléa judiciaire : condamnée en appel le 7 juillet 2026 pour détournement de fonds publics (3 ans dont 2 avec sursis, 45 mois d'inéligibilité dont 30 avec sursis, 100 000 € d'amende, préjudice retenu de plus de 2,8 M€). Condamnation non définitive : le pourvoi en cassation a été formé, elle demeure présumée innocente. Le pourvoi suspend l'exécution de l'arrêt selon le parquet général ; une partie de la doctrine soutient au contraire que l'inéligibilité de première instance reprendrait effet — controverse non tranchée, exposée dans l'onglet Sources. La Cour pourrait statuer au plus tard début avril 2027. 18% de son propre électorat 2022 désapprouve sa candidature (IFOP). La ligne retraites (62 ans, maintenue) l'emporte sur l'option Bardella "durée de cotisation" — fracture refermée par le verdict, pas résorbée. 🆕 Fragilité financière : le RN peine à obtenir un prêt bancaire français ; Matignon a dû réunir les banques le 20 juillet pour débloquer le financement des campagnes, Crédit Mutuel refusant d'y participer. 🆕 Angle mort climatique : rattrapé par l'été des incendies, le RN promet des "livrets" thématiques (électrification, relocalisation, achat de Canadairs financé par une baisse de la contribution française à l'UE).
Retailleau / LR — 6-9%
Points forts : Le plus offensif sur la sécurité de tous les candidats — "révolution pénale" soumise à référendum, état d'urgence dans les zones difficiles, interception messageries cryptées, immigration zéro. Défense forte, gaulliste, pro-Ukraine, sortie des 35h.

Points faibles : Surenchère sécuritaire qui lui fait perdre en crédibilité économique. Programme très incomplet sur la fiscalité, la santé, le budget. 🆕 Décroche à 6-9% (Harris, 18-19 août), son étiage depuis le début de ce comparatif — "une rentrée à haut risque" (Le Parisien, 26 août). Coincé entre Le Pen (électoralement dominante sur son terrain) et Philippe (crédible économiquement), vers qui Gérard Larcher prépare en coulisses un rassemblement de la droite et du centre. 69% des Français pensent qu'il n'a pas l'étoffe d'un président (Ifop, fév. 2026).
Lisnard / NE — ~2%
Points forts : Le seul programme vraiment structuré sur la baisse des dépenses publiques. Superpuissance scientifique ambitieuse, fiscalité libérale cohérente, débureaucratisation radicale — idéologiquement le plus solide à droite.

Points faibles : Trop faible dans les sondages, protection sociale peu développée, Europe trop restrictive. Idéal pour un ministre des Finances ou un Premier ministre libéral — pas encore présidentiable.
Philippe / Horizons — 14-19% ⚠️ judiciaire
Points forts : Le programme toujours le plus complet sur l'ensemble des 11 critères. 3% PIB défense, 100k emplois industriels/5 ans, 5e branche autonomie, règle d'or budgétaire, bouclier charges, nucléaire + ENR équilibré, pro-EU pragmatique.

⚠️ Aléa judiciaire (mai 2026) : le Parquet national financier a indiqué avoir pris le 7 mai 2026 un réquisitoire introductif visant des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêts et concussion au Havre, dans le dossier de la Cité numérique. Une information judiciaire est donc ouverte et confiée à un juge d'instruction. Édouard Philippe n'est pas mis en examen, conteste les faits depuis l'origine et bénéficie de la présomption d'innocence. Ce qui est évalué ici est l'effet politique de la procédure sur la campagne, pas son issue judiciaire. 🆕 Juillet : campagne lancée au Zénith de Paris le 5 juillet (5 200 personnes, "efforts justes et partagés", dette, durée du travail), rebond à 19% (IFOP 8 juil., hyp. sans Attal ; 14-19% chez Elabe selon la présence d'Attal), ralliements Bregeon et Lefèvre (Renaissance), main tendue publique de Wauquiez. Le duel s'était resserré en juillet (jusqu'à 49/51 chez Harris) mais s'est ré-élargi à 45/55 en août chez ce même institut. Pire : la vague du 18-19 août le fait dépasser par Mélenchon dans la plupart des configurations — il perd son statut de dauphin naturel. Si Attal se maintient, il retombe à 14% (constante vérifiée trois fois). 64% des Français le jugent mal placé pour incarner la rupture (Odoxa) et son entourage reconnaît un problème de "désirabilité", aggravé par un été sans "bande passante" — ses annonces sont reportées à la rentrée, quand Retailleau prépare des "propositions choc" et que Gérard Larcher travaille en coulisses à un rassemblement de la droite et du centre derrière lui. Il conserve le meilleur duel simulé de tout le champ, mais ce n'est plus une trajectoire de victoire.
Attal / Renaissance — 8-15%
Points forts : IA à l'école + plan 20 millions de salariés formés en 5 ans — le plus avancé sur la transition numérique du travail. "Droit au brut" innovant. Quotas immigration décidés par les partenaires sociaux (pragmatique). Pro-Europe fort. Propose une primaire avec Philippe si les sondages ne tranchent pas.

🆕 Programme institutionnel massif (JDD, 1er août) : "la plus grande réforme institutionnelle depuis 1958" soumise à référendum après l'élection — journée référendaire annuelle, 350 députés / 200 sénateurs, principe constitutionnel de rapidité (réponse de l'administration en 2 mois, silence valant accord), recours plafonnés à 18 mois, "spoil system à la française", encadrement du pouvoir de nomination (art. 13), déparisianisation avec le maire comme élu le plus puissant (détails à l'automne). Le programme se structure : les trous de la fiscalité et des retraites sont en partie comblés.

Points faibles : À 8-15% : 14-15% quand Philippe est absent, mais 8% face à lui — rapport de force documenté par trois vagues successives. Il propose un vote de départage début 2027, refusé à ce stade par Horizons. Et une majorité de sympathisants Renaissance lui préfère... Lecornu (Odoxa-Backbone). L'ampleur du chantier constitutionnel (quotas d'immigration, justice des mineurs, règle d'or : tout passe par une révision) pose une question de faisabilité rarement abordée.
Glucksmann / PP — 10-11%
Points forts : Le candidat de gauche le plus cohérent économiquement. Réindustrialisation verte ambitieuse, nucléaire assumé, fédéralisme européen fort, ISF modernisé, soutien Ukraine ferme. Et surtout, il rompt avec le déni sécuritaire de la gauche : dans son livre "Nous avons encore envie" (mai 2026), il affirme que "la gauche républicaine doit prendre à bras-le-corps la question de la sécurité", propose une convention citoyenne sur l'immigration et un service civique obligatoire.

Points faibles : 100 Md€ au financement flou, pas encore candidat officiellement, gauche divisée. 🆕 Candidat déclaré le 23 août sur TF1, il participera à la primaire de la gauche socialiste et démocratique dont il est le grand favori — accord PS-Place publique ratifié le 25 août (159 pour / 32 contre / 21 abstentions au conseil national du PS, unanimité à Place publique), scrutin les 9-10 et 16-17 octobre face à Brun, Guedj et Royal. Reste le meilleur profil de gauche pour un second tour — 41,5/58,5 face à Le Pen, loin devant Mélenchon (32) mais toujours perdant.
Mélenchon / LFI — 16-17%
Points forts : Programme le plus complet et détaillé de tous les candidats (143 mesures nouvelles, mis à jour jan. 2026). SMIC 1 600€, retraite 60 ans, école gratuite, hôpital reconstruit, révolution fiscale. Candidature officialisée le 3 mai 2026 sur TF1 — dynamique retrouvée (+4 points en un mois, 16–17%). Premier meeting le 7 juin à Saint-Denis.

Points faibles : Budget intenable (Institut Montaigne), désobéissance européenne risquée, 69% des Français en rejettent la candidature, défaite écrasante simulée au second tour face à Le Pen (70/30, IFOP 8 juil.). 🆕 Il devient le dauphin le plus probable : 16-17% (contre 12% en avril chez Harris), qualifié dans 3 configurations sur 5. Opération crédibilité économique poursuivie — dîner France Industrie du 29 juin, débat Medef du 27 août. Mais 🆕 il relance l'annulation de la dette (23 août) : la BCE devrait "mettre au congélateur les dettes des États en commençant par celles de la période Covid", visant les ~18-20% de dette logés à la Banque de France. Front du refus intégral — Lecornu, Lescure, Attal ("délirant"), Bardella —, obstacle juridique (contraire aux traités européens selon Xavier Ragot, IFE), et un contexte de taux à 4,11%, au plus haut depuis 2008. Le plus cohérent idéologiquement, le moins gouvernable — et le seul soutenu par un banquier d'affaires, Matthieu Pigasse, invité de son université d'été.
Tondelier / Écolos — 3-4%
Points forts : La plus solide sur le climat — bouclier social-environnemental, santé environnementale, transition juste. Europe verte ambitieuse. Cohérence entre tous les axes écologiques.

Points faibles : Quasi-absence sur la défense et l'autonomie stratégique, budget non chiffré, science et IA peu développées. 🆕 Journées d'été de Grenoble (20-22 août) : elle maintient sa candidature mais se dit "prête à rediscuter avec tout le monde" et plaide que "le sujet ce n'est pas qui va se mettre derrière qui, c'est comment on se dépasse". Son parti reste écartelé entre autonomie, ralliement à Mélenchon et ralliement à Glucksmann ; Jadot appelle à refonder la gauche autour de la social-écologie, Bompard (LFI) juge sa candidature nuisible à Mélenchon. Forte sur l'écologie, durablement fragilisée sur la stratégie.
Ruffin / Debout! — 6%
Points forts : Légitimité populaire authentique, réinvestissement dans les territoires abandonnés, revalorisation des métiers du bas, souveraineté alimentaire, abrogation réforme retraites.

Points faibles : Silence quasi-total sur la défense, la science, l'Europe, le budget, la fiscalité structurelle. Programme fort sur le "qui" (les oubliés) mais faible sur le "comment" (les finances). 🆕 Elabe le teste à 6% en candidature autonome (configs avec Hollande) — le double de son étiage, à la frontière du seuil "hors course". La mort de la primaire unitaire le libère paradoxalement : témoin qui pourrait devenir trouble-fête à gauche.
Zemmour / Reconquête — 3-4%
Positionnement : Se "prépare" pour 2027 (pas encore officiellement candidat). Programme structuré autour de 8 priorités : Identité, Immigration, Islam, Insécurité, Instruction, Impôts, Industrie, Indépendance.

Économie : Hausse du salaire net (+105€/mois au SMIC) via baisse de la CSG à 2,5% sur les bas salaires ; suppression des minima sociaux non-contributifs (−20 Md€) ; participation salariale obligatoire et défiscalisée.

Limites : Plafonné à ~5%, concurrencé par le RN sur son terrain. Sarah Knafo (n°2) mobilisée sur Paris. Vraie incertitude sur une primaire de la droite radicale.
Le paysage en recomposition — prétendants et inconnues
⚖️
Le Pen candidate — l'hypothèque cassation
Arrêt de la cour d'appel de Paris du 7 juillet 2026 : culpabilité globalement confirmée pour détournement de fonds publics — 3 ans d'emprisonnement dont 2 avec sursis, la part ferme aménagée sous surveillance électronique ; 45 mois d'inéligibilité dont 30 avec sursis ; 100 000 € d'amende ; préjudice retenu de plus de 2,8 M€ sur plus de onze ans. Cette condamnation n'est pas définitive : le pourvoi en cassation a été formé et Marine Le Pen reste présumée innocente. Point contesté entre juristes : le parquet général estime que le pourvoi suspend l'arrêt sans faire revivre l'inéligibilité de première instance, d'autres soutiennent l'inverse — le comparatif expose ce désaccord sans l'arbitrer. Elle est éligible, les 15 mois fermes étant purgés. Candidate déclarée le soir même ; le pourvoi en cassation suspend la peine (campagne sans bracelet). La Cour de cassation statuera au plus tard début avril 2027 — dernier risque juridique, à deux semaines du 1er tour. Bardella, n°2 du "ticket", reprendrait le flambeau en cas de coup dur.
🔵
La bataille à droite (LR)
Retailleau investi par LR mais affaibli par sa démission fracassante de l'Intérieur (oct. 2025). Wauquiez (chef des députés LR) conteste son leadership et milite pour une primaire "de Darmanin à Knafo". Xavier Bertrand 3e homme. La droite reste éclatée.
🟡
Le bloc central en quête d'unité
Philippe (14-19%, fragilisé judiciairement) vs Attal (8-15%) : rivalité canalisée par un "comité de liaison", mais le mécanisme reste contesté — Attal veut un vote de départage début 2027, Horizons ne le partage pas. Lecornu en recours possible : il devance les deux auprès des sympathisants Renaissance. Darmanin (ministre Justice) pousse aussi pour une primaire du centre-droit. Bruno Le Maire et Élisabeth Borne pourraient se lancer. Bayrou/MoDem dans la balance.
🔴
La gauche fragmentée
Mélenchon (LFI, 16-17%) devient le premier de la gauche et le dauphin le plus probable, qualifié dans 3 configurations sur 5. Glucksmann est candidat depuis le 23 août et grand favori de la primaire socialiste et démocratique (9-10 et 16-17 octobre, face à Brun, Guedj, Royal). Tondelier maintient sa candidature tout en appelant à l'union, dans un parti écartelé ; Roussel officialise le 6 septembre ; Ruffin testé à 6% en autonome. Cinq à sept candidatures : la division demeure, mais elle profite désormais clairement à LFI.
Lectures transversales — les vrais clivages de 2027
⚖️
Le clivage fiscal central
Maintien flat tax + pas d'ISF : RN, LR, Lisnard, Philippe, Attal

Suppression flat tax + retour ISF : Glucksmann, LFI, Écolos, Ruffin

La ligne est nette et correspond presque parfaitement au clivage droite/gauche — rare en 2027 où les autres clivages sont plus complexes.
🇪🇺
Le clivage européen réel
Fédéralisme : Attal, Glucksmann
Pro-EU pragmatique : Philippe
Subsidiaire libéral : Lisnard
Souverainiste modéré : Retailleau, Tondelier, Ruffin
Souverainiste dur : Le Pen / RN
Désobéissance : Mélenchon

Un spectre plus riche que le simple "pro" vs "anti" Europe.
🏗️
Vision industrielle long terme
Les candidats avec une vraie vision industrielle cohérente — chiffrée ET finançable :

🟢 Solide : Philippe (100k/5 ans, conditionné prod. France), Lisnard (souveraineté + dérégulation)

🟡 Partiel : Glucksmann (100Md€ flou), Le Pen/RN (flou mais discours fort)

🔴 Absent ou contradictoire : Ruffin, Tondelier, Mélenchon (planification non-marché)
💡
Le paradoxe central de 2027
La candidate à 35-38% (Le Pen) est celle dont le programme est le moins cohérent sur les 11 critères analysés — budget intenable, moratoire ENR paradoxal, fiscalité contradictoire, Europe conflictuelle.

Le candidat avec le programme le plus complet (Philippe, 14-19%) vient de perdre son statut de dauphin au profit de Mélenchon — et son duel simulé, un moment proche de l'égalité, s'est ré-élargi à 45/55.

La gauche, fragmentée en 4–5 candidats, risque de se neutraliser mutuellement et d'offrir le second tour au pire profil face à Le Pen.
🎯 Le meilleur choix selon vos 3 priorités

Classement croisé sur trois horizons temporels, intégrant 7 critères : vie quotidienne + sécurité (court/moyen terme) ; finances + innovation/réindustrialisation + emploi (moyen/long terme) ; souveraineté franco-européenne (long terme). On écarte les promesses non finançables et on pondère par la viabilité électorale — un excellent programme ne sert à rien si le candidat est éliminé au 1er tour.

2ND TOUR POSSIBLE en tête pour la qualification (≥14% — Philippe, Mélenchon ; Le Pen déjà qualifiée) OUTSIDER qualification difficile (8–13% — Attal, Glucksmann ; Retailleau, à 6-9%, décroche) HORS COURSE trop bas pour se qualifier (<5% — Lisnard, Tondelier, Zemmour ; Ruffin, testé à 6% en autonome, reste à la frontière)
⚠️ Note (Harris Interactive, 18-19 août — vague de rentrée) : Mélenchon (16-17%) passe devant Philippe (14-19%) et se qualifierait dans 3 configurations sur 5. Mais l'écart du second tour s'est ré-élargi pour tous : 55/45 pour Philippe, 68/32 pour Mélenchon. Les podiums ci-dessous classent d'abord sur le fond (adéquation aux 7 critères de la grille) ; les badges de viabilité, eux, rappellent la réalité électorale du moment. Glucksmann et Attal restent excellents sur le fond, mais leur qualification dépend d'arbitrages (primaire PS, désistement du bloc central) encore non tranchés.
Court & Moyen terme Vie quotidienne + Sécurité des Français
Pouvoir d'achat, salaires, santé, logement d'un côté ; police, justice, lutte contre l'impunité de l'autre. Classement parmi les candidats réellement qualifiables au 2nd tour.
🥇
Édouard Philippe Horizons · 14-19% 2ND TOUR POSSIBLE
Le meilleur des deux volets ET le mieux placé électoralement : bouclier charges, heures sup' défiscalisées, 5e branche autonomie, + 200 brigades de gendarmerie et +8 500 personnels de justice. Seul candidat à la fois fort sur le fond et favori pour la qualification.
⚠️ Avance qui fond (information judiciaire en cours, faits contestés) — mais reste n°1 de la course à la 2e place.
🥈
Raphaël Glucksmann Place Publique · 10-11% OUTSIDER
Pouvoir d'achat par l'emploi qualifié et la baisse des prix de l'électricité, santé et déserts médicaux. Surtout : rupture inédite à gauche sur la sécurité, qui élargit son socle. À 16%, dans la course à la qualification.
⚠️ Pas encore candidat officiel ; volet sécurité encore peu détaillé.
🥉
Bruno Retailleau LR · 6-9% OUTSIDER
Le plus fort sur la sécurité (révolution pénale, justice accélérée, fermeté immigration) et correct sur le pouvoir d'achat (13e mois, sortie des 35h). Réponse directe à la demande d'ordre.
⚠️ À 9%, qualification difficile : pèserait surtout en cas de ralliement RN ou de primaire de la droite.
💡 Profil idéal mais hors course : sur ce volet, Lisnard (régalien + libéral) serait pertinent, mais à ~3% il est inéligible seul.
Moyen & Long terme Finances à l'équilibre + Innovation/Réindustrialisation + Emploi
Le triangle de la prospérité durable. Difficulté : les meilleurs sur la rigueur budgétaire (Lisnard) sont aussi les moins viables électoralement. Voici le classement réaliste, profils idéaux signalés à part.
🥇
Édouard Philippe Horizons · 14-19% 2ND TOUR POSSIBLE
Le meilleur compromis fond/viabilité : réindustrialisation chiffrée (100 000 emplois/5 ans), flexisécurité et refonte des minima anti-trappes pour l'emploi, règle d'or constitutionnelle et baisse des impôts de production pour les finances. Cohérent, finançable, et qualifiable.
⚠️ Retraites laissées au référendum (incertitude sur l'économie réalisée).
🥈
Raphaël Glucksmann Place Publique · 10-11% OUTSIDER
La meilleure vision réindustrialisation+emploi de tout le champ : 100 Md€ pour les industries vertes, emplois qualifiés, réduction de la dépendance chinoise, reconversion des filières fossiles.
⚠️ Maillon faible sur les finances : financement des 100 Md€ flou.
🥉
Gabriel Attal Renaissance · 8-15% OUTSIDER
Finances par les économies (pas la dette), plan IA pour 20 M de salariés (employabilité + innovation), "droit au brut" pour l'emploi. Dans la course à la qualification au sein du bloc central.
⚠️ Réindustrialisation peu détaillée ; rivalité avec Philippe sur le même électorat.
💡 Profil idéal mais hors course : David Lisnard est de loin le meilleur sur ce triangle (seul plan budgétaire crédible + ambition scientifique), mais à ~3% il ne peut gagner seul. Son influence passerait par un poste de Premier ministre ou de Bercy.
À écarter : RN, LFI (déficits aggravés), Écolos & Ruffin (peu chiffrés).
Moyen & Long terme Résilience aux catastrophes climatiques
Incendies, canicules, sécheresses, inondations, submersion marine. Critère distinct du climat au sens "réduction des émissions" : il ne s'agit plus d'éviter le réchauffement mais d'encaisser ce qui est déjà inévitable. Le PNACC-3 prépare officiellement la France à +4 °C en 2100 ; le Haut Conseil pour le climat juge que "la France n'est pas encore prête". L'été 2026 (42 000 hectares en Gironde, 220 000 évacués, quatrième vague de chaleur) a fait entrer ce sujet dans la campagne — brutalement, et sans que personne n'y soit préparé programmatiquement.
🥇
Jean-Luc Mélenchon LFI · 16-17% 2ND TOUR POSSIBLE
Le seul candidat qualifiable à avoir publié un plan chiffré et détaillé : 1 Md€ de "reconstruction générale" de la sécurité civile (27 juillet 2026) — 50 000 volontaires d'ici 2030, banque nationale de surveillance médicale des sapeurs-pompiers, 6 A400-M équipés en bombardiers d'eau — complété par un "crime d'incendie volontaire écocidaire" et une planification écologique contraignante. Ordre de grandeur crédible et opérationnel.
⚠️ Adossé à un cadre budgétaire global jugé intenable ; la sortie du nucléaire fragilise l'adaptation énergétique aux canicules ; rien sur le CatNat, le littoral ou l'assurabilité.
🥈
Édouard Philippe Horizons · 14-19% 2ND TOUR POSSIBLE
Classé ici sur la capacité d'exécution plutôt que sur le contenu : doctrine d'État solide, culture de la gestion de crise, appel à une "remise à plat de la stratégie de lutte contre les incendies". C'est le profil le plus susceptible de transformer le Beauvau de la sécurité civile en loi effectivement financée.
⚠️ Rien de publié à ce jour : ni plan d'adaptation, ni position sur le CatNat, l'eau ou le fonds Barnier. Son entourage reconnaît qu'il n'y a "pas de bande passante" cet été et reporte tout à la rentrée. Un 🥈 par défaut, à réévaluer dès septembre.
🥉
Gabriel Attal Renaissance · 8-15% OUTSIDER
Le seul à poser un cadre conceptuel — la "dette écologique" traitée à parité avec la dette publique, les accords de Paris comme cap — et une proposition de souveraineté industrielle : le "Canadair européen", pour sortir de la dépendance à un monopole mondial. Revendique +288 M€ de sécurité civile, 2 Canadairs commandés et 36 hélicoptères bombardiers d'eau.
⚠️ Contradiction documentée : 52,8 M€ de crédits de sécurité civile annulés par décret en février 2024 sous son gouvernement, entraînant l'abandon de deux Canadairs. Et l'écologie ne figure pas parmi ses quatre chantiers prioritaires.
💡 Profil idéal mais hors course : Marine Tondelier est de loin la meilleure sur ce critère — seule à traiter l'adaptation comme un sujet systémique (réforme du modèle agricole et forestier, sortie des fossiles, demande de réunion de crise nationale) et seule à l'avoir traduit en texte : la PPL Regol du 23 juillet instaure une trajectoire pluriannuelle d'investissement pour le renouvellement de la flotte aérienne. Mais à 3-4%, son influence dépendra d'un accord législatif.
⚠️ Le constat qui domine : aucun candidat ne propose de politique d'adaptation complète. Le débat s'est concentré sur les Canadairs, alors que l'eau, le bâti, le littoral, les réseaux, l'assurabilité et la santé au travail sont les vrais fronts. Le régime CatNat, dont la sécheresse est devenue le premier poste d'indemnisation, fait face à une facture de 43 Md€ sur 2020-2050 que personne ne provisionne.
À écarter : Le Pen / RN — moratoire ENR, opposition au Pacte vert, et un financement des Canadairs par la baisse de la contribution à l'UE qui contredit le cofinancement européen de la flotte. Retailleau et Lisnard — diagnostic juste sur les secours, rien sur l'adaptation. Glucksmann et Ruffin — quasi absents du débat de l'été.
Long terme Souveraineté française & européenne, indépendante des USA et de la Chine
Défense, énergie, industrie, technologie. On valorise l'autonomie européenne (échelle suffisante) — et on retient les candidats capables d'accéder au pouvoir.
🥇
Édouard Philippe Horizons · 14-19% 2ND TOUR POSSIBLE
Le plus complet ET le plus viable : 3% du PIB défense, autonomie stratégique franco-européenne, BITD, 100 000 emplois industriels relocalisés, indépendance énergétique. Souveraineté à la bonne échelle.
🥈
Raphaël Glucksmann Place Publique · 10-11% OUTSIDER
La vision européenne la plus ambitieuse du champ réaliste : fonds de défense européen de 100 Md€ par emprunt commun, réindustrialisation verte anti-dépendance chinoise, soutien fort à l'Ukraine, nucléaire maintenu.
⚠️ Emprunt commun dépendant d'un accord européen incertain.
🥉
Gabriel Attal Renaissance · 8-15% OUTSIDER
Pro-européen convaincu (ligne "Besoin d'Europe"), réarmement assumé, défense et industrie intégrées à l'échelle UE, soutien fort à l'Ukraine. Souveraineté pensée européenne.
⚠️ Moins chiffré que Philippe sur la défense et la BITD.
💡 Profil idéal mais hors course : Lisnard (souveraineté sérieuse mais plus nationale qu'européenne, ~3%).
Paradoxe RN : malgré un discours souverainiste, le repli national seul + moratoire ENR + Europe conflictuelle affaiblissent la souveraineté réelle.

🏛️ Le verdict croisé : fond + viabilité électorale

Édouard Philippe 2ND TOUR POSSIBLE reste le vainqueur sur le fond : 🥇 sur les horizons vie quotidienne+sécurité, finances+réindustrialisation et souveraineté. Mais la rentrée l'abîme sur la viabilité : Mélenchon le dépasse au 1er tour, et son duel simulé se ré-élargit à 45/55 après un creux à 49/51 en juillet. Il conserve le meilleur duel de tout le champ et la meilleure copie sur les 8 critères de la grille — mais sous quadruple réserve : l'information judiciaire ouverte au Havre (faits contestés, pas de mise en examen), l'arbitrage avec Attal (qui le ramène à 14%), déficit de "désirabilité" reconnu par son propre camp, et désormais une dynamique qui n'est plus la sienne.

Raphaël Glucksmann OUTSIDER reste le plus cohérent sur le fond à gauche : 🥈 sur les trois horizons, fort sur la souveraineté européenne, la réindustrialisation verte+emploi et désormais la sécurité. 🆕 Il est candidat depuis le 23 août et grand favori de la primaire d'octobre, ce qui lèverait enfin la réserve d'officialisation qui pesait sur lui depuis un an. ⚠️ Mais il plafonne à 10-11%, largement distancé par Mélenchon (16-17%). Son meilleur argument reste le duel : 41,5% face à Le Pen, le moins mauvais de toute la gauche. Réserve persistante : le financement des 100 Md€.

Gabriel Attal OUTSIDER progresse sur le fond : son programme institutionnel du 1er août (référendum annuel, Parlement réduit, spoil system, règle d'or, retraites à durée de cotisation avec capitalisation) comble une partie des trous relevés jusqu'ici sur la fiscalité, les retraites et le budget — au prix d'une révision constitutionnelle d'ampleur inédite depuis 1958, dont la faisabilité reste la grande inconnue. ⚠️ À 13,5-16% quand Philippe est absent mais 7,5-8% face à lui : son destin dépend d'un arbitrage début 2027 dont il serait aujourd'hui le perdant, et dont il ne parvient même pas à faire accepter la méthode.

⚠️ Le dilemme Lisnard : HORS COURSE Sur le fond — surtout la rigueur budgétaire — David Lisnard est le meilleur. Mais à ~3%, il est éliminé au 1er tour. Son projet ne peut se concrétiser que via un poste de Premier ministre ou de ministre de l'Économie dans une coalition. Voter pour le meilleur programme budgétaire suppose donc de passer par un autre vecteur que sa candidature présidentielle.

En une phrase : la rentrée casse le récit de juillet. Le Pen (35-38%) ré-élargit tous ses écarts au second tour (55/45 Philippe, 57/43 Attal, 68/32 Mélenchon), et surtout Mélenchon (16-17%) dépasse Philippe et se qualifierait dans 3 configurations sur 5 — soit très exactement le scénario que le RN espère, puisque c'est le duel qu'il gagne le plus largement. Philippe garde la meilleure copie sur les 8 critères de la grille et le meilleur duel simulé, mais plus la dynamique ; sa qualification suppose toujours qu'Attal renonce, faute de quoi il retombe à 14% — constante vérifiée trois fois. Glucksmann, enfin candidat, joue sa survie sur la primaire d'octobre. Lisnard reste le meilleur sur le papier mais hors course. Quatre inconnues : la Cour de cassation (≤ début avril 2027), l'arbitrage Philippe/Attal-Lecornu début 2027, l'issue de la primaire socialiste d'octobre, et un contexte budgétaire dégradé — dette à 117,5% du PIB et taux à 10 ans au plus haut depuis 2008 — qui va peser sur tous les programmes. Sur ce dernier point, le nouvel axe résilience déplace légèrement les équilibres : il donne un avantage inattendu à Mélenchon (seul plan chiffré) et à Tondelier (seule vision systémique), et expose une faiblesse commune à tout le bloc central et à la droite — un pays préparé à +4 °C n'apparaît dans aucun programme budgété.

Cette page réunit tout ce qui permet de juger la valeur de l'analyse : ce qu'elle est et ce qu'elle n'est pas, la grille de critères utilisée, la méthode de production, ses limites connues, les sources de chaque affirmation, les mentions légales attachées aux sondages repris, et la procédure de correction et de droit de réponse.

🎯 La grille de critères

Chaque programme est lu à travers 11 critères thématiques, puis synthétisé sur 3 horizons temporels et pondéré par la viabilité électorale. La grille est publiée ici précisément pour que le lecteur puisse la contester : si vos priorités diffèrent, le classement change.

CRITÈRES 1 → 11
Les axes thématiques
Vie quotidienne · Emploi & travail · Sécurité sociale · Fiscalité · Sécurité · Réindustrialisation · Climat · Science & IA · Autonomie stratégique · Europe · Maîtrise budgétaire. Depuis août 2026, un axe transversal résilience aux catastrophes climatiques traverse cinq de ces onglets.
HORIZON A
Court & moyen terme
Vie quotidienne + sécurité des personnes. Ce qui change dans les deux premières années d'un mandat.
HORIZON B
Moyen & long terme
Finances publiques à l'équilibre + innovation et réindustrialisation + emploi. Et, depuis août 2026, résilience climatique.
HORIZON C
Long terme
Souveraineté française et européenne, indépendante des États-Unis et de la Chine.
PONDÉRATION
Viabilité électorale
Un programme excellent mais porté par un candidat éliminé au 1er tour est signalé comme tel. Trois niveaux : 2nd tour possible (≥ 14 %), outsider (8–13 %), hors course (< 5 %). Les seuils sont arbitraires et assumés comme tels.
EXCLUSION
Promesses non finançables
Les mesures dont le financement n'est ni chiffré ni gagé sont signalées, mais ne disqualifient pas automatiquement : elles sont pondérées, pas supprimées.
🏛️ A. Programmes et prises de position — sites officiels

Les candidats ne disposent pas tous d'un site de campagne distinct de celui de leur formation.

Pour mémoire, hors comparatif : Parti socialiste (organisateur de la primaire d'octobre), Parti communiste français, Reconquête, Debout la France, MoDem.

⚖️ B. Procédures judiciaires

B.1 — Marine Le Pen · assistants parlementaires du Front national
Statut au 26 août 2026 : condamnée en appel, pourvoi en cassation formé — condamnation NON DÉFINITIVE.

B.2 — Édouard Philippe · Cité numérique du Havre
Statut au 26 août 2026 : information judiciaire ouverte ; PAS de mise en examen ; faits contestés par l'intéressé.

B.3 — François Bayrou · assistants parlementaires du MoDem (hors comparatif, cité au calendrier)
Statut au 26 août 2026 : RELAXÉ en première instance, rejugé en appel sur recours du parquet — présomption d'innocence pleine et entière.

B.4 — Renaissance c. Rassemblement national et Marine Le Pen (slogan « la renaissance »)
Litige civil (droit des marques et concurrence déloyale), procédure de référé — aucune dimension pénale, la présomption d'innocence n'est pas en cause. Décision NON DÉFINITIVE : Renaissance a fait appel le jour même.

Affiche RN dévoilée après le rétablissement de l'éligibilité (7 juillet 2026) ; assignation en référé le 15 juillet ; décision du 30 juillet 2026 déboutant Renaissance de l'ensemble de ses demandes et la condamnant à verser 5 000 € à Marine Le Pen et 5 000 € au Rassemblement national au titre des frais de procédure, soit 10 000 € au total. Trois motifs retenus : le slogan vise « une offre politique et non un produit ou un service » et sort du droit des marques ; l'usage du nom commun ne crée pas de confusion avec le nom propre ; il n'y a trouble manifestement illicite que si l'électeur est trompé, ce qui n'est pas le cas. La demande reconventionnelle du RN a elle aussi été rejetée : le tribunal a refusé de qualifier la procédure d'abusive, estimant que Renaissance avait commis « seulement une erreur juridique sans intention de nuire ». La décision n'est donc pas un blanc-seing donné au RN.

📚 C. Données et références thématiques
📊 D. Sondages — mentions obligatoires

Vagues antérieures citées dans le comparatif
Chaque vague porte ses propres mentions obligatoires. Un score n'est jamais cité sans son institut, son commanditaire, ses dates de terrain et la configuration testée.

🗳️ E. Calendrier et cadre institutionnel du scrutin
📐 F. Règles de citation appliquées
⏳ Ce qui reste à sourcer
🔧 Corrections et droit de réponse
🗓️ Journal des versions