Méthode

Méthode & transparence IA

Comment ces analyses
sont fabriquées.

Et surtout : comment elles peuvent se tromper. Cette page vaut pour tout ce qui est publié ici, quel que soit le sujet. Le détail propre à chaque analyse — critères retenus, sources, journal des corrections — figure dans l’analyse elle-même.

Le rôle exact de l’intelligence artificielle

Une formule comme « assisté par IA » ne veut rien dire tant qu’on ne précise pas où passe la frontière.

Ce que fait la machine

  • Collecter et lire des documents longs, dispersés, souvent indigestes.
  • Structurer : ramener des textes hétérogènes à une grille commune pour les rendre comparables.
  • Rédiger la première version du texte publié.
  • Repérer les écarts entre ce qu’une source dit et ce qu’on croyait qu’elle disait.

Ce que fait l’humain

  • Choisir les critères, avant de lire les documents. C’est le point le plus subjectif du dispositif, et il est publié.
  • Trancher les jugements. Une machine ne décide pas de ce qui compte.
  • Vérifier les faits vérifiables : chiffres, dates, identifiants, attributions.
  • Assumer la publication. La responsabilité éditoriale est nominative, elle n’est pas déléguée à un outil.

Cette relecture humaine est réelle, mais elle est faillible — la section « défaillances connues » plus bas explique précisément où. Le fait qu’un texte ait été relu ne le rend pas exact ; il le rend seulement moins probablement faux.

Mention effectuée au titre de l’article 50 du règlement (UE) 2024/1689 sur l’intelligence artificielle, applicable depuis le 2 août 2026 aux contenus générés par IA publiés pour informer le public sur des questions d’intérêt public.

Hiérarchie des sources

À information égale, la source la plus haute dans cette liste l’emporte. Une source de rang inférieur ne suffit jamais seule pour un fait sensible.

RANG 1
Le document lui-mêmeTexte de loi, décision de justice publiée, communiqué d’une institution, rapport officiel, notice méthodologique déposée, jeu de données brut. Ce qu’on peut ouvrir et lire soi-même.
RANG 2
La dépêche d’agenceAFP, Reuters. Vérification interne, correction traçable, moindre incitation à l’angle.
RANG 3
La presse identifiée nommémentUn titre, une date, si possible une signature. Jamais « selon la presse » ni « des médias rapportent ».
RANG 4
L’analyse signéeUn spécialiste qui engage son nom. Citée comme une interprétation, jamais comme un fait.
JAMAIS
Un agrégateur seulUn site qui reprend sans produire ne constitue pas une source. Utile pour retrouver l’original, pas pour l’attester.

Quand une source de rang 1 existe, elle est citée en priorité, même si elle est plus aride. Une notice méthodologique de sondage vaut mieux que l’article qui la commente ; un communiqué de juridiction vaut mieux que le compte rendu d’audience.

Défaillances connues

Ce que ce mode de production rate, et ce qui est fait contre. Ce registre est tenu à jour à mesure que de nouvelles défaillances apparaissent — il ne prétend pas être complet.

Registre des défaillancesMIS À JOUR EN CONTINU
D-1 · La référence plausible et fausse
La défaillance la plus fréquente, et de loin. Un modèle de langage produit rarement une information inventée de toutes pièces : il produit un détail crédible mais faux. Un identifiant de texte officiel décalé de quelques centaines d’unités, une URL construite autour d’un vrai numéro de document, un montant divisé par deux, un titre de fonction interverti. Rien de tout cela ne se voit à la relecture — la phrase est cohérente, la référence a la bonne forme.
Ce qui est fait : tout identifiant officiel, toute URL et tout montant chiffré est ouvert et vérifié avant publication. C’est fastidieux et c’est non négociable : une référence légale fausse cause plus de tort qu’une référence absente.

D-2 · La métadonnée recopiée
Quand une source est mise à jour périodiquement, les informations qui l’accompagnent — auteur, commanditaire, périmètre, date de collecte — sont reconduites d’une édition à l’autre alors qu’elles ont changé. La donnée nouvelle est juste, son étiquette est celle de la version précédente.
Ce qui est fait : les métadonnées sont re-relevées à la source à chaque cycle, même quand rien n’a l’air d’avoir bougé. Elles ne se recopient jamais d’une version à la suivante.

D-3 · L’attribution glissée
Un chiffre est correctement rapporté mais attribué au mauvais producteur, ou deux études distinctes sont fusionnées sous un seul nom. Le contenu tient debout, la paternité est fausse — et le lecteur qui remonte à la source n’y trouve pas ce qui lui a été annoncé.
Ce qui est fait : l’attribution est vérifiée en même temps que le chiffre, sur la même page. Un chiffre et son producteur sont contrôlés ensemble, jamais séparément.

D-4 · La controverse arbitrée en douce
Quand des spécialistes sont en désaccord, la synthèse a tendance à retenir une seule lecture et à la présenter comme acquise. Le désaccord disparaît du texte, et le lecteur croit lire un fait établi là où il y a débat ouvert.
Ce qui est fait : les désaccords entre spécialistes sont exposés contradictoirement, avec les tenants de chaque lecture nommés. Aucune analyse publiée ici n’a autorité pour trancher un débat que le domaine n’a pas tranché.

D-5 · La version périmée
Une analyse datée qui reste en ligne sans être mise à jour ne devient pas incomplète : elle devient fausse. C’est particulièrement vrai des sujets où les chiffres bougent tous les mois.
Ce qui est fait : chaque analyse porte sa date en évidence et annonce sa prochaine mise à jour. Si l’échéance est dépassée, c’est visible pour le lecteur avant qu’il ne lise.

D-6 · Le critère taillé après coup
Le risque le plus insidieux, et il est humain, pas machinal : ajuster la grille d’évaluation une fois qu’on a vu quel résultat elle produit.
Ce qui est fait : les critères sont écrits avant la lecture des documents et publiés avec l’analyse. Toute modification ultérieure est datée dans le journal des versions, avec sa raison. Le lecteur peut donc vérifier que la grille n’a pas suivi la conclusion.

Conventions de lecture

Quelques signes reviennent dans toutes les analyses. Voici ce qu’ils veulent dire.

« Reste à sourcer »

Une affirmation citée sans référence vérifiée est signalée comme telle, explicitement, à l’endroit où elle apparaît et dans la liste des sources. Elle doit être traitée comme non établie tant que la mention est là. Signaler un trou vaut mieux que le combler avec une référence approximative — et infiniment mieux qu’avec une référence inventée.

Une case vide

Dans un tableau comparatif, une case vide signifie « rien de publié à ce jour sur ce point », pas « position hostile » ni « refus de répondre ». L’absence de prise de position n’est pas une prise de position.

Une fourchette de valeurs

Quand une analyse affiche une fourchette, elle traduit soit des hypothèses différentes testées par la même source, soit l’agrégation de plusieurs sources qui divergent. Ce n’est pas une marge d’erreur statistique. Le sens exact est précisé à l’endroit où la fourchette apparaît.

Un jugement, un classement, un verdict

Tout ce qui hiérarchise est une opinion et découle mécaniquement de la grille de critères publiée avec l’analyse. Les faits sur lesquels le jugement s’appuie sont sourcés et vérifiables ; le jugement lui-même n’engage que l’auteur, et un lecteur avec d’autres priorités obtiendrait un autre classement.

Une personne mise en cause

Lorsqu’une procédure judiciaire est mentionnée, l’état d’avancement est nommé avec ses termes exacts — une enquête, une information judiciaire, une mise en examen, une condamnation non définitive et une condamnation définitive sont cinq choses distinctes. La présomption d’innocence s’applique tant qu’une décision définitive n’a pas été rendue, et la contestation des faits par l’intéressé est mentionnée quand elle existe.

Cycle de vie d’une analyse

Chaque analyse est datée, versionnée et assortie d’une échéance de mise à jour annoncée. Les versions antérieures sont archivées : une analyse remplacée n’est pas effacée, elle est remplacée.

Chaque analyse tient un journal des versions qui consigne ce qui a changé et pourquoi, y compris les corrections d’erreurs. Ce journal est public : il permet de vérifier qu’une conclusion n’a pas été réécrite en silence.

La cadence de mise à jour dépend du sujet. Elle est annoncée dans chaque analyse plutôt que fixée globalement : un comparatif de programmes électoraux n’a pas la même durée de vie qu’une note de fond sur un texte de loi.

Indépendance

Ce site est publié à titre personnel et non lucratif. Il ne diffuse aucune publicité, n’accepte aucun financement, aucune commande, aucune contrepartie financière ou en nature. Aucune analyse n’est relue, validée ou suggérée par un parti, un candidat, un élu, une administration ou une entreprise.

Les liens sortants vers des sites officiels, des institutions ou des organisations ne valent ni approbation, ni partenariat, ni affiliation. Ils servent uniquement à permettre au lecteur de remonter à la source.

Corriger, contester, répondre

Une erreur factuelle — un chiffre faux, une attribution erronée, une citation inexacte, une source périmée — est corrigée dans les meilleurs délais et consignée au journal des versions de l’analyse concernée. Écrivez à contact@analyse-ia.org.

Un désaccord d’appréciation n’est pas une erreur. Il est bienvenu, mais il relève du débat, pas de la rectification. Les critiques argumentées reçues peuvent être citées, avec l’accord de leur auteur, dans la version suivante de l’analyse.

Le droit de réponse est ouvert à toute personne nommée ou désignée dans une page de ce site, pendant trois mois à compter de sa mise en ligne, au titre du IV de l’article 6 de la loi n° 2004-575 du 21 juin 2004. Les modalités figurent dans les mentions légales.

Où trouver le détail de chaque analyse

Cette page décrit ce qui vaut pour toutes les publications. Ce qui est propre à un sujet donné se trouve dans l’analyse elle-même, généralement sous un onglet ou une section « Sources & méthode » : la grille de critères retenue, la liste complète des sources avec leurs liens, les mentions légales obligatoires attachées aux données citées, les points restant à sourcer, et le journal des versions.

C’est une séparation volontaire. Les principes ne devraient pas changer à chaque nouvel article ; les sources, si.